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Pour de meilleures conditions de travail dans l’hôtellerie-restauration

Délégués avec drapeaux et banderoles devant le siège de GastroSuisse.
© Nicolas Zonvi

Les déléguées et les délégués à la conférence de branche de l’hôtellerie-restauration d’Unia se sont rendus au siège de GastroSuisse, l’association patronale, pour remettre leur manifeste pour une vie digne. Ils exigent la reprise des négociations pour l’amélioration de la Convention collective nationale de travail.

Le manifeste «Nous voulons une vie digne!», signé par plus de 10000 personnes et demandant la reprise des négociations conventionnelles, a été déposé au siège de GastroSuisse

A l’occasion de la tenue de la conférence de branche de l’hôtellerie-restauration du syndicat Unia le 27 février, plus de 50 militants ont remis le manifeste «Nous voulons une vie digne!», muni de plus de 10000 signatures, au siège de l’association patronale GastroSuisse à Zurich. Ce manifeste, c’est un appel à l’aide lancé par les salariés de la branche le 6 avril 2022, qui demandent des améliorations notamment en matière de salaires et de planification du travail.

Leur exigence est claire, à savoir reprendre les négociations en vue du renouvellement de la Convention collective nationale de travail (CCNT), bloquées depuis quatre ans…

Effectivement, les dernières négociations conventionnelles ont eu lieu en 2016, avec l’entrée en vigueur de la dernière CCNT en 2017 pour une durée indéterminée. «Depuis, seule la question des salaires est abordée chaque année avec les employeurs, explique Mauro Moretto, coresponsable du secteur tertiaire d’Unia. Pour ce qui est du contenu de la CCNT, le dialogue est coupé depuis 2019 avec GastroSuisse qui bloque les négociations en réaction aux salaires minimums légaux instaurés dans certains cantons, et il n’y a eu, jusqu’ici, aucun signe d’une volonté de revenir à la table des négociations.»

Onze revendications

Compte tenu de la pénurie de personnel, des salaires trop bas et des mauvaises conditions de travail, des améliorations claires sont nécessaires, estime Unia.

Quelles sont les revendications concrètes pour rendre le travail plus supportable et le métier plus attrayant? Les militants réclament tout d’abord une hausse conséquente des salaires – notamment des salaires minimums – mais aussi une prise en compte de l’expérience professionnelle, la fin du travail sur appel, des plannings de travail communiqués trois semaines à l’avance (et une consultation écrite en cas de modifications). Ils se battent par ailleurs pour le paiement de toutes les heures prévues, pour le droit à la déconnexion, pour que le temps nécessaire pour se changer soit payé et pour la mise à disposition des outils de travail (y compris le matériel de protection). La répartition transparente et équitable des pourboires est également posée sur la table, tout comme la formation des responsables du personnel et la mise en place de mesures contre toute forme de harcèlement. Enfin, ils exigent davantage de contrôles pour garantir le respect des conditions de travail.

En amont du dépôt de leur manifeste, Unia et les militants avaient demandé à GastroSuisse de pouvoir avoir un échange avec l’association patronale, sans succès. «Ils ont proposé une rencontre ultérieure, informe Mauro Moretto. Nous avons donc envoyé des propositions de dates par e-mail pour organiser une rencontre. J’espère vivement qu’il y aura une ouverture du côté de GastroSuisse pour discuter des conditions de travail dans la branche. Les délégués en ont clairement marre, ils attendent beaucoup de ces négociations et exigent qu’elles reprennent au plus vite.»

En route vers le 14 juin 2023

Cette conférence de branche a aussi été l’occasion de voter une résolution à travers laquelle les délégués de l’hôtellerie-restauration ont affirmé leur soutien à la grève féministe du 14 juin prochain. «C’est une occasion supplémentaire d’aborder les questions des bas salaires des femmes, du niveau élevé du travail à temps partiel, du manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que du harcèlement au travail très répandu. L’hôtellerie-restauration est très exposée à tous ces problèmes», conclut Unia.

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