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Les maçons genevois conservent leurs acquis

manif construction Genève 2025
© Olivier Vogelsang/archives

Les associations patronales genevoises du secteur de la construction ont fait machine arrière et annulé la résiliation de l’annexe 13. Les maçons voient donc leurs acquis locaux maintenus, comme le panier repas à 25 francs.

Syndicats et patrons se sont accordés sur la réhabilitation des spécificités cantonales, pour plus de protection du personnel mais aussi une meilleure attractivité du secteur.

C’est une grosse victoire pour les travailleurs! A Genève, après des mois de discussions, les associations patronales et syndicales du secteur principal de la construction ont enfin trouvé un accord. Pour rappel, en mars dernier, après l’entrée en vigueur de la nouvelle Convention nationale (CN), les représentants des employeurs avaient dénoncé son annexe 13 ainsi que la convention collective de travail (CCT) locale. Ces dernières améliorent les conditions de travail des maçons genevois, en prévoyant notamment une pause matinale payée et une indemnisation des frais globalement plus élevée, comme le panier-repas à 25 francs. Une décision unilatérale qui aurait eu des répercussions de taille pour les travailleurs, avec des baisses de salaires allant jusqu’à 400 francs par mois. 

Gagnant-gagnant

Les patrons ont finalement fait machine arrière. «Ils ont accepté de revenir à la table des négociations en septembre et c’est une très bonne chose, commente Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève. Le résultat final est très bon pour les deux parties, et la plus grande victoire, c’est que cet accord a été plébiscité des deux côtés. Nous sommes satisfaits et soulagés. C’est une solution qui profite à tous, car elle vient renforcer la protection des travailleurs et l’attractivité du secteur.»

Concrètement, l’annexe 13 et la CCT locale ont été réintroduites et certains points de la CN ont été renforcés. Les travailleurs voient donc tous leurs acquis maintenus au moins jusqu’à fin 2031. Le compromis se joue sur l’indemnité de chantier. «Au niveau national, un montant de 9 francs par jour est prévu, et il sera de 6 francs à terme pour les Genevois», précise le responsable syndical.

La mobilisation prévue le 13 octobre au bout du lac est donc levée. «Les patrons sont bien conscients que les syndicats sont capables de mobiliser largement, cela a forcément pesé dans la balance, mais au final, on s’en sort tous très bien et c’est le principal», conclut Yves Defferrard. 

Lutter ensemble contre les mauvaises pratiques

Dans leur communiqué de presse commun, syndicats et patrons genevois de la construction se félicitent de leur dispositif local de contrôle du marché du travail, qui est le fruit d’un partenariat social éprouvé de longue date dans le secteur. «Au sein de la Commission paritaire genevoise du gros œuvre, financée par un fonds paritaire local doté par une contribution professionnelle obligatoire, les partenaires sociaux continuent à investir de nombreux moyens pour contrôler et garantir le respect des conditions de travail.» A l’heure des Bilatérales III, il y a là un engagement qui permet de lutter paritairement contre la concurrence déloyale et le dumping salarial.

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