Syndicats et patrons se sont accordés sur la réhabilitation des spécificités cantonales, pour plus de protection du personnel mais aussi une meilleure attractivité du secteur.
C’est une grosse victoire pour les travailleurs! A Genève, après des mois de discussions, les associations patronales et syndicales du secteur principal de la construction ont enfin trouvé un accord. Pour rappel, en mars dernier, après l’entrée en vigueur de la nouvelle Convention nationale (CN), les représentants des employeurs avaient dénoncé son annexe 13 ainsi que la convention collective de travail (CCT) locale. Ces dernières améliorent les conditions de travail des maçons genevois, en prévoyant notamment une pause matinale payée et une indemnisation des frais globalement plus élevée, comme le panier-repas à 25 francs. Une décision unilatérale qui aurait eu des répercussions de taille pour les travailleurs, avec des baisses de salaires allant jusqu’à 400 francs par mois.
Gagnant-gagnant
Les patrons ont finalement fait machine arrière. «Ils ont accepté de revenir à la table des négociations en septembre et c’est une très bonne chose, commente Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève. Le résultat final est très bon pour les deux parties, et la plus grande victoire, c’est que cet accord a été plébiscité des deux côtés. Nous sommes satisfaits et soulagés. C’est une solution qui profite à tous, car elle vient renforcer la protection des travailleurs et l’attractivité du secteur.»
Concrètement, l’annexe 13 et la CCT locale ont été réintroduites et certains points de la CN ont été renforcés. Les travailleurs voient donc tous leurs acquis maintenus au moins jusqu’à fin 2031. Le compromis se joue sur l’indemnité de chantier. «Au niveau national, un montant de 9 francs par jour est prévu, et il sera de 6 francs à terme pour les Genevois», précise le responsable syndical.
La mobilisation prévue le 13 octobre au bout du lac est donc levée. «Les patrons sont bien conscients que les syndicats sont capables de mobiliser largement, cela a forcément pesé dans la balance, mais au final, on s’en sort tous très bien et c’est le principal», conclut Yves Defferrard.