Les syndicats genevois interpellent le Conseil d’Etat
A Genève, les entreprises ont intérêt à avoir l’œil rivé en permanence sur les communiqués du Canton, car les ordres et contre-ordres se suivent à un rythme soutenu! Ainsi, après avoir annoncé le vendredi 10 juillet que l’arrêt à 13h des travaux exposés au soleil - déjà décrété quelques jours à la fin de juin - serait à nouveau obligatoire dès le lundi 13 juillet, l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (OCIRT) change d’avis ce même lundi. A la mi-journée, face au ciel nuageux, il décide de suspendre la mesure… laquelle est pourtant remise en vigueur le lendemain matin, mais seulement jusqu’à la fin de la journée de mardi, étant donné les prévisions météorologiques optimistes pour le reste de la semaine. Une chatte y perdrait ses petits!
Ce micmac ne fait cependant pas perdre le nord aux syndicats Unia, SIT et Syna, qui, via un communiqué de presse, ont interpellé la conseillère d’Etat genevoise chargée de l’Economie, Delphine Bachmann, pour lui demander de ressortir du tiroir le dossier du fonds intempéries. Un projet que les partenaires sociaux lui ont présenté il y a plus de deux ans et qui vise à indemniser les travailleurs lors d’interruptions du travail causées par des conditions climatiques extrêmes. Car les employeurs disposent de deux jours de carence pour chaque période d’un mois, ce qui se solde par des pertes de revenus pour les salariés. Sans compter les employés temporaires qui, eux, ne touchent rien du tout pendant toute la durée des interruptions.
Selon une étude, ce fonds coûterait entre 6 et 12 millions de francs par an. Montant qui devrait être à la charge de l’Etat et, si besoin, du patronat, estiment les syndicats. Ils regrettent que le dossier se soit enlisé sous prétexte que les caisses sont vides, et appellent le Conseil d’Etat à faire preuve de courage face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême. Ils n’excluent pas de lancer une initiative populaire, s’ils n’obtiennent pas de «réponse satisfaisante à leurs revendications légitimes».