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Dans la construction, les négociations piétinent toujours

manifestants et une personne avec le poing levé.
© Olivier Vogelsang

Entre mi-octobre et mi-novembre, les maçons ont fait des grèves dans toute la Suisse. Le 4 novembre, 7000 d'entre eux sont venus de toute la Suisse romande manifester à Lausanne.

Malgré huit séances de pourparlers entre syndicats et patronat, aucun accord n’a été trouvé pour la Convention nationale. Les discussions se poursuivront en décembre.

C’est toujours l’impasse dans les négociations pour le renouvellement de la Convention nationale du secteur principal de la construction. Alors que le processus devait officiellement prendre fin le 28 octobre, trois rondes supplémentaires se sont tenues en vain les 10, 17 et 25 novembre. Cela après que des mouvements de grève ont eu lieu dans toute la Suisse entre mi-octobre et mi-novembre. Au total, près de 15 000 travailleurs y ont participé. 

«Les pourparlers intensifs des cycles précédents se sont poursuivis, mais la Société suisse des entrepreneurs (SSE) ne se montre pas prête au compromis sur les points centraux», déplorent les syndicats Unia et Syna dans un communiqué commun. «Afin de parvenir à un accord, des mesures concrètes pour résoudre la crise aigüe de personnel sont nécessaires, à savoir des horaires de travail plus favorables aux familles et la garantie du pouvoir d’achat sur les salaires effectifs. Ce que la SSE empêche actuellement.» Et de rappeler qu’un maçon sur deux quitte la profession prématurément, ce qui fait qu’il manquera un tiers du personnel nécessaire dans le gros œuvre d’ici à 2040.

Le vide conventionnel se rapproche

La fenêtre pour décrocher un accord est de plus en plus étroite, puisque l’actuelle Convention nationale, qui régit les conditions de travail de près de 80 000 travailleurs, arrive à échéance fin décembre. Sans solution d’ici là, la branche se retrouvera en situation de vide conventionnel pour la première fois depuis plus d’une décennie, «ce qui risque d’entraîner une grève nationale», préviennent les syndicats, qui se sont heurtés jusque-là à l’intransigeance de la SSE. Celle-ci souhaite introduire une grande flexibilité du temps de travail annuel, avec des horaires hebdomadaires pouvant s’étirer jusqu’à cinquante heures et la possibilité de faire travailler les ouvriers aussi le samedi.

De leur côté, les syndicats réclament le paiement intégral du temps de déplacement entre l’entreprise et le chantier, une pause du matin payée, des journées de travail plus courtes et la compensation automatique du renchérissement. Les discussions se poursuivront en décembre.

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