Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Chaleur sur les chantiers: travailleurs en danger!

canicule chantier
© Thierry Porchet

Les épisodes de chaleur extrême mettent en danger la santé et la sécurité des travailleurs de la construction, dénoncent les syndicats.

Alors que les températures grimpent, les syndicats Unia et Syna rappellent l’obligation des employeurs d'interrompre le travail au-delà de 33°C afin de protéger la santé des maçons.

Ces prochains jours, le mercure affichera 33°C, voire plus, dans plusieurs régions de Suisse. Des conditions extrêmes qui sont de plus en plus fréquentes l’été et qui peuvent avoir de graves conséquences sur la santé et la sécurité des travailleurs, notamment dans le secteur principal de la construction où les tâches quotidiennes sont déjà physiques et pénibles.
«La chaleur extrême peut entraîner déshydratation, insolation et coups de chaleur», soulignent les syndicats Unia et Syna dans un communiqué de presse, ajoutant que, chaque année, près d’un millier de travailleurs sont atteints d’un cancer de la peau lié à l’activité professionnelle. «Selon la Suva, le risque d’accident sur les chantiers augmente de 7% les jours où la température dépasse 30°C.»

Les délais avant la santé
Dans ce contexte, les syndicats rappellent que, lorsque les températures sont aussi extrêmes, les travaux lourds en plein air doivent être suspendus, et la durée du travail doit être réduite. Quant aux maîtres d'ouvrages, en tant que donneurs d'ordre, ils doivent assumer leurs responsabilités et prolonger les délais finaux sans pénalité.
Et c’est là que ça pêche. La sécurité des maçons est sacrifiée sur l’autel de la pression des délais, dénoncent les syndicats. «Même les règles de sécurité actuellement en vigueur sont trop souvent bradées face à la pression croissante des délais dans le secteur de la construction. En effet, de nombreux maîtres d’ouvrages exigent des délais toujours plus courts. Ils les font ensuite respecter strictement en prévoyant des peines conventionnelles en cas de retard. Finalement, ce sont les maçons qui en paient le prix avec leur santé et leur vie familiale: ils doivent travailler encore plus vite, prendre encore moins de pauses et faire des heures supplémentaires, même en cas de canicule.»

Motion en examen
Les choses bougent au niveau politique. Fin 2024, le Conseil national a adopté à une large majorité une motion soutenue par les partenaires sociaux du secteur de la construction intitulée « Renforcer la protection de la santé des ouvrières et des ouvriers de la construction, prolonger les délais en cas de vagues de chaleur». Celle-ci prévoit la possibilité de reporter les délais sans risque de peines conventionnelles en cas de forte chaleur. La motion est actuellement examinée au Conseil des Etats. «Les travailleurs de la construction en Suisse demandent au Conseil des Etats d'assumer ses responsabilités et d'accepter la motion, qui constitue une contribution importante et nécessaire à la protection de la santé sur les chantiers», concluent les syndicats. 

Pour aller plus loin

«Le travail temporaire génère de la précarité»

Une banderole Unia disant stop au travail intérimaire sur les chantiers déroulée devant un bâtiment en construction.

Alors que Swissstaffing a réussi à contrer la limitation du travail temporaire sur les chantiers publics genevois, le Conseil d’Etat entend procéder à une révision légale. Unia réagit

Ingénieurs et architectes vaudois tous soumis à la CCT

Nouvelle CCT ingénieurs

La nouvelle Convention collective de travail des bureaux d’architectes et d’ingénieurs vaudois devient de force obligatoire

Victoire pour les maçons!

La forte mobilisation des maçons aura contribué à influer sur le résultat des négociations.

Approuvée par les délégués syndicaux et patronaux, la nouvelle Convention nationale est entrée en vigueur le 1er janvier. Les salaires seront revus à la hausse et la retraite à 60 ans est sauvée

Fribourg durcit sa lutte contre le travail au noir

photo de chantier - échaffaudage

A partir du 1er janvier, les entreprises qui décrocheront un marché public dans le gros œuvre devront être en possession d'une carte professionnelle. Unia salue la mesure