«Il faut préserver le droit inaliénable aux soins»
Enrico Borelli, coresponsable national de la branche des soins chez Unia, livre son analyse à la suite de la publication du rapport de l’Observatoire suisse de la santé.
Quelles conclusions tirez-vous à la lecture de cette publication?
Les données du rapport sont très préoccupantes puisqu’elles montrent concrètement que rien n’a été fait pour renforcer l’attractivité des professions liées à la santé depuis l’adoption, par le peuple, de l’initiative de 2021 «Pour des soins infirmiers forts». L’accès à des soins de qualité est un droit inaliénable, il faut le rappeler. En ce sens, il est temps que les acteurs politiques s’emparent de la problématique de la grave pénurie de personnel en allant plus loin que les efforts consentis dans le domaine de la formation des nouveaux soignants. Car à quoi sert-il de renforcer ce domaine s’il n’y a pas, d’autre part, une amélioration des conditions de travail permettant de retenir les travailleuses et les travailleurs après leur cursus dans les écoles?
Quelles sont les revendications portées par le syndicat?
Nous réclamons depuis longtemps déjà un meilleur ratio entre le nombre de patients et le personnel soignant présent. Il est également important de diminuer les charges de travail et d’aménager les horaires, sans que cela n'ait d’impact sur les salaires. Enfin, nous estimons nécessaire une plus grande implication du personnel dans la prise de décisions, car les soignants connaissent mieux que quiconque les besoins et les pistes à suivre pour restructurer le secteur. En incluant les acteurs de terrain dans ce processus de refonte, nous obtiendrons de meilleurs résultats.
Comment s’articulera à l’avenir l’action syndicale dans ce domaine?
Le personnel appelle à une grande journée de mobilisation le 14 juin 2027, dans le cadre de la grève féministe. A cette occasion, la population ainsi que les acteurs de la société civile et les associations de toutes sortes sont invités à se joindre au mouvement pour défendre un droit qui nous concerne toutes et tous. Il faut apporter des réponses concrètes à la crise systémique que nous traversons actuellement.