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«Migros doit prendre ses responsabilités!»

Le comité de soutien aux grévistes brandit une banderole: "Smood exploite, Migros profite".
© Olivier Vogelsang

Le comité de soutien aux grévistes de Smood a dénoncé les pratiques de l’entreprise de livraison.

Le comité de soutien aux grévistes s’est rendu devant le siège genevois de Migros, actionnaire principal de Smood, pour l’interpeller une nouvelle fois sur les pratiques de l’entreprise de livraison

Le conflit chez Smood est loin d’être terminé. Le 6 juillet, vers midi, le comité de soutien des travailleurs en lutte de Smood a convoqué la presse devant le siège social de Migros Genève. «Nous avons pris contact avec Migros à plusieurs reprises afin de rencontrer la direction pour échanger sur les conditions de travail des livreurs de Smood, mais nous n’avons essuyé que des refus et des renvois vers Smood», regrette Pablo Cruchon, député d’Ensemble à Gauche. Pourtant, la situation urge, selon l’élu, qui rappelle que Migros est le principal actionnaire – et client – de Smood. Le comité de soutien, composé notamment des syndicats genevois et des partis de gauche, aimerait aborder la question des conditions de travail, indignes selon lui, et de cette Convention collective de travail (CCT) négociée avec Syndicom qui reste en dessous des recommandations édictées par la Chambre des relations collectives de travail (CRCT).

«Nous voulons aussi lui faire part des méthodes d’intimidation et de manipulation inacceptables utilisées par Smood», poursuit Pablo Cruchon. Ce dernier explique que, lors de leur dernière action, des employés de Smood auraient été rémunérés pour venir témoigner «spontanément» de leurs excellentes conditions de travail. «Plusieurs managers sont ensuite arrivés, mettant la pression sur les salariés qui disaient le contraire. Et enfin, nous avons appris que l’un d’eux s’était vu offrir un contrat plus avantageux en échange de l’abandon de ses contacts avec le syndicat.»

Migros doit réagir!

Une délégation du comité souhaitait remettre en main propre un courrier à la direction, afin de solliciter un rendez-vous pour échanger sur ces deux points, mais celui-ci a été stoppé à l’entrée du site. «Il n’y a personne à l’intérieur», réplique la sécurité.

Pour le comité, l’entreprise coopérative qu’est Migros et qui se veut proche de la population ne peut cautionner de telles pratiques. «Migros ne peut décemment pas se dissimuler derrière Smood, elle doit prendre ses responsabilités», insiste Jocelyne Haller, députée d’Ensemble à Gauche, qui rappelle que le géant orange profite grassement de Smood qui lui permet de livrer ses produits en masse, plus vite et moins cher. «Migros ne peut et ne doit pas tolérer cela», martèle le comité. La balle est désormais dans le camp du géant orange.

Stress et pression au quotidien

Sur les 1100 employés de Smood, environ 300 ont avalisé la CCT qui leur a été soumise via leur application, et 22 ont voté contre. Selon Ramzi Hadjadj, secrétaire syndical chez Unia et ancien employé de Smood, beaucoup n’ont pas compris, d’autres ont voté «oui» par peur des représailles et il y a surtout eu de la désinformation. «La convention n’entre en vigueur que le 1er octobre. Cela nous laisse encore du temps pour rectifier le tir. Nous attendons de Smood que la direction réagisse rapidement afin d’améliorer cette convention et de la préciser. Nous attendons aussi que les employés de Simple Pay soient basculés vers des contrats Smood.»

Lors de cette action, deux employés de Smood, souhaitant garder l’anonymat, étaient prêts à témoigner. «Les conditions prévues par la CCT sont misérables, lance l’un d’eux. Syndicom l’a signé uniquement par intérêt, pour faire des adhésions. Unia a totalement été écarté des discussions alors qu’il a porté la lutte. C’est une honte.»

Du côté des conditions de travail, pas d’amélioration. «On est à flux tendu. On a même dû annuler des commandes l’autre jour, car il n’y avait pas assez d’effectifs.» Un comble pour ce livreur qui dit se voir proposer seulement 12 heures de travail par mois, alors que sa disponibilité est bien plus large. Même son de cloche chez son collègue: «Avant, je faisais 180 heures par mois, je n’en fais plus que 80. A cause de Smood, je suis obligé de cumuler trois emplois. D’ailleurs, je travaille dans un restaurant et, l’autre soir, j’ai reçu une commande Smood. Je l’ai préparée et personne n’est venu la chercher. Au bout d’une heure et demie, Smood m’appelle pour me demander de l’annuler, et j’ai refusé, car elle était prête. Le manager au téléphone a répondu en se plaignant qu’il n’y avait pas assez de livreurs. C’est du délire! Ils préfèrent surcharger et stresser le personnel plutôt que d’embaucher plus.»

Les deux livreurs rapportent également des pressions: «On nous menace de ne pas nous donner des heures de travail si on ne fait pas ce qu’ils veulent. Et puis, bizarrement, en tant que grévistes, on a vu nos heures diminuer… Smood dénigre ouvertement ses employés.»

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