Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Valais: «Syngenta insulte son personnel»

Syngenta Monthey rechigne toujours à indexer les salaires au niveau de l’inflation. La direction du site chimique valaisan a rompu les négociations salariales avec les syndicats. Faute d’accord avec la commission du personnel sur la compensation du renchérissement, des négociations devaient se tenir avec les syndicats, comme le prévoit la Convention collective de travail (CCT) de l’entreprise. Mais la direction a traîné des pieds, attendant une quarantaine de jours avant d’ouvrir les discussions. Puis, à l’issue de la deuxième réunion, elle a déclaré aux syndicats qu’il ne valait pas la peine de poursuivre. «La direction a décidé abruptement et unilatéralement de mettre fin au processus alors que nous avions encore une séance agendée au 10 mars. Ce faisant la direction refuse de donner une chance aux négociations et bafoue la procédure inscrite dans la CCT», déplore Blaise Carron. Le secrétaire régional d’Unia Valais est très remonté. Dans un communiqué, il a dénoncé un acte «brutal et déloyal», «une arrogance jamais rencontrée» et «un dédain inquiétant envers les salariés et les partenaires sociaux rarement observé sous nos contrées». Se passant d’accord, la direction a annoncé sa décision d’augmenter la masse salariale de 2,1% et de verser une prime de 1000 francs aux 900 collaborateurs. «Les augmentations seront individuelles, certains toucheront plus que 2,1%, d’autres moins, tous seront privés des 3% qui leur revient. C’est une véritable insulte au personnel sachant que Syngenta croule sous les bénéfices; accorder l’indexation aurait pourtant un impact financier quasi nul. C’est, par contre, très important pour le pouvoir d’achat des salariés. L’augmentation des prix est pérenne, mais la prime de 1000 francs, elle, ne sera versée qu’une fois», souligne le syndicaliste. Cette pingrerie est d’autant plus étonnante que le groupe a publié d’excellents résultats pour les neuf premiers mois de 2022 avec un bénéfice s’élevant à 4,6 milliards de dollars, soit 30% de plus par rapport à l’année précédente. Les ventes de Syngenta Crop Protection, l’unité à laquelle est rattaché le site de Monthey, ont augmenté de 27% pour atteindre 12,6 milliards de dollars. Et les perspectives pour 2023 sont excellentes. «La procédure n’est pas terminée, prévient Blaise Carron. Nous allons saisir l’Office cantonal de conciliation afin de faire valoir le droit du personnel et le respect des procédures existantes dans le cadre du partenariat social qui nous lie à Syngenta.»

Pour aller plus loin

Les travailleurs de Vetropack en grève

Suite à l'annonce de fermeture, les travailleurs-euses demandent un minimum de respect

Le personnel de la verrerie de Saint-Prex (VD) a cessé le travail ce vendredi 24 mai. Soutenu par Unia, il exige le gel des licenciements et l’ouverture de négociations pour un plan social digne de ce nom

A Saint-Prex, après le choc, la lutte continue

Le personnel a participé à une action syndicale le 17 mai, réclamant du respect.

La direction de Vetropack a confirmé son intention de fermer l’ultime verrerie de Suisse et de procéder à des licenciements dès à présent. Soutenu par les syndicats, le personnel se mobilise désormais pour l’ouverture de négociations en vue d’un plan social

« Pas de licenciements sans un plan social ! »

action syndicale chez Vetropack

Le personnel de Vetropack, soutenu par Unia, a participé à une action syndicale ce vendredi pour exiger la négociation d’un plan social et le maintien des emplois pendant le processus

Vetropack: verre de rage !

Les travailleurs et travailleuses de Vetropack ont manifesté en masse le 1er Mai à Lausanne, promenant une immense bouteille à l’effigie de leur verrerie. Pour eux, la fermeture du site de Saint-Prex serait injustifiée.

Le personnel a déposé fin avril un projet solide et durable visant à sauver le site et la filière, tout en conservant un maximum d’emplois