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La flexibilité à tout-va, les maçons disent non!

Rue rebaptisée rue de la Flexibilité.
© Eric Roset

La rue où se trouve le siège de la SSE a été rebaptisée rue de la Flexibilité.

Les syndicats genevois de la construction ont symboliquement renommé la rue Malatrex, qui accueille le siège local de la Société suisse des entrepreneurs. Explications et témoignages.

Le 14 mai, les syndicats Unia et Sit ont organisé une action symbolique à quelques pas du siège de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) genevoise, sise à la rue Malatrex. Cette dernière a été rebaptisée rue de la Flexibilité. «Les patrons réclament une flexibilité sans fin pour la nouvelle Convention nationale, mais nous ne pouvons pas être d’accord!», a réagi José Sebastiao, responsable du secteur à Unia Genève. «S’ils arrivent à imposer leurs conditions, c’est un retour en arrière de 50 ans qui va se produire, où les maçons travailleront du levé au coucher du soleil, du lundi au samedi. Nous le refusons et le ferons savoir samedi, journée massive de mobilisation, lors de laquelle les travailleurs vont montrer leur détermination à lutter contre les attaques patronales.» Ce dernier rappelle qu’une enquête Unia menée l’année dernière montrait que les employés du secteur souhaitaient en priorité une baisse du temps de travail avec un maximum de 8h par jour, et des augmentations de salaires dignes de ce nom.
Face au refus des employeurs de négocier des hausses générales de salaire ainsi que leur volonté de flexibiliser les horaires et les calendriers, les maçons disent stop. «Ils sont au bout du rouleau!» s’indigne Thierry Horner, du SIT. 

Des maçons témoignent

Antonio, maçon retraité, coprésident du comité des maçons d’Unia Genève
«La situation est grave. Les maçons travaillent beaucoup et exercent des taches pénibles. Ils veulent des horaires justes et de meilleures conditions de travail. Nous luttons contre toute forme de flexibilité à outrance: travailler 50 heures par semaine au printemps et en automne, c’est hors de question. Nous allons lutter et gagner cette bataille car sans nous, les patrons ne sont rien: ce sont les travailleurs qui font la richesse des entreprises. On manque de main-d’œuvre car les jeunes ne veulent pas travailler dans cette branche pénible où les conditions se dégradent et les entreprises ne font rien pour les faire venir.»

Miguel, maçon à Genève depuis 10 ans
«On court chaque jour sur les chantiers pour faire notre travail, en prenant le risque d’avoir un accident grave. En une décennie, la situation s’est beaucoup dégradée, que ce soit en termes de cadence ou d’horaires de travail. C’est toujours pire! Il n’y a plus de motivation le matin pour aller travailler. Quant à l’explosion du travail temporaire, on la subit nous aussi, car chaque semaine, l’équipe change, les travailleurs tournent, c’est un vrai défilé... »

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«On se bat pour nos droits. Nous vivons dans le pays le plus riche d’Europe, et pourtant dans celui où l’on doit travailler le plus. Nous ne sommes pas des machines!»