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La Broye asséchée par le futur abattoir de Migros?

Pancarte Micarna
©Neil Labrador/image d'illustration

Un recours contre le projet de méga-abattoir de Micarna est en phase d’instruction. Greenpeace dit avoir constaté la violation de plusieurs lois, notamment en termes de protection des eaux, du climat et de la nature.

Greenpeace estime que le projet du géant orange consommera environ 1,4 million de litres d’eau par jour, dans une région où l’or bleu se fait déjà rare en été.

C’est un nouvel argument qui va amener de l’eau au moulin – c’est le cas de le dire – des détracteurs de Migros et de son projet de méga-abattoir à volaille dans la Broye fribourgeoise. Celui-ci, déjà très décrié dans la région, risque en plus d’en assécher les ressources hydriques, selon une analyse de sa consommation d’eau qu’a publiée Greenpeace fin août. Le géant orange prévoit de bâtir à Saint-Aubin un abattoir pour sa filiale Micarna afin de remplacer celui de Courtepin, à quelques kilomètres de là, qui est en fin de vie. Avec une capacité de 30 millions de poulets par an, la future installation sera la plus grande du pays. Or, Greenpeace estime qu’elle sera extrêmement gourmande en eau, ce qui la mettra en concurrence avec les besoins en or bleu des écosystèmes et de l’agriculture.

«Le géant orange se vante de verser deux millions pour aider les agriculteurs·trices contre la sécheresse, alors que son abattoir de Saint-Aubin nécessitera environ 1,4 million de litres d’eau par jour et que son modèle d’affaires repose sur l’élevage intensif, qui contribue au réchauffement climatique», dénonce Greenpeace dans un communiqué de presse. L’eau est entre autres utilisée pour l’échaudage des volailles, pour le lavage des carcasses et pour le nettoyage des installations.

Et de souligner que la région de la Broye est déjà, en temps normal, sous pression en termes de ressources en eau. «A cela s’ajoutent les vagues de chaleur et l’extrême sécheresse de cet été, qui ont contraint le Canton de Fribourg à prendre toute une série de mesures de restriction de la consommation. Une situation qui est appelée à se répéter à l’avenir.» Et que l’abattoir de Micarna ne ferait qu'aggraver.

Passer aux protéines végétales

L'ONG en conclut que ce projet, soutenu par le Conseil d’Etat fribourgeois, est inadapté au contexte local. Idem pour l'élevage intensif de volaille. «Près de 80% du fourrage nécessaire pour nourrir ces animaux doit être importé, explique Sera Pantillon, experte consommation et alimentation pour Greenpeace Suisse. Face aux sécheresses à venir, il est important de garder à l’esprit que produire 1 kilo de poulet nécessite en moyenne 4300 litres d'eau, contre 1600 litres pour les céréales et 322 pour les légumes. Nous avons tout à gagner à prévoir un système alimentaire qui préserve nos ressources en eau.»

Greenpeace considère que Migros devrait renoncer à son méga-abattoir et vendre au moins 60% de protéines d’origine végétale d’ici à 2035. L'ONG est cosignataire – avec les Verts de la Broye, l'association EcoTransition et des citoyens – d'un recours en phase d'instruction contre l'autorisation de construire délivrée ce printemps. En plus des nuisances, les opposants redoutent l’impact environnemental du projet. Greenpeace dit avoir constaté la violation de plusieurs lois, notamment en termes de protection des eaux, du climat et de la nature. 

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