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Un climat toujours plus dur dans le monde du travail

Deux livres
©DR

Les situations critiques en relation à des manquements au Code des obligations, ont bondi de 36% en 2025. 

L’enquête menée par l’unité de protection juridique de l’assureur AXA relève une hausse des conflits entre employeurs et salariés. Un constat que confirment les syndicats.

C’est un baromètre qui, sans être exhaustif quant au climat régnant dans le monde du travail, permet de dégager quelques tendances significatives. L’enquête publiée par l’assurance de protection juridique d’AXA-ARAG, rendue publique à la mi-juillet, fait état d’une nette détérioration des rapports entre employeurs et salariés. Ce constat repose sur le nombre de dossiers liés à des litiges entre les deux parties, sur lesquels l’assureur a été amené à se prononcer. En 2025, les cas relevant du droit du travail ont connu une hausse conséquente, tandis que les situations critiques liées à des manquements au devoir d’assistance ont, elles, bondi de 36 % par rapport à l’année précédente.

Cette dernière catégorie regroupe différentes situations, en particulier celles liées à la protection de la personnalité, définie par l’article 328 du Code des obligations. Elle comprend notamment les cas de harcèlement psychologique, les situations conduisant au burn-out ainsi que les cas de harcèlement sexuel. L’enquête met plus particulièrement en évidence deux problématiques. La première concerne les résiliations de contrat de travail, que les employés estiment abusives. Dans ce domaine, le nombre de cas traités a augmenté de 26 % par rapport à 2024. Dans son rapport, l’assureur rappelle que le droit suisse laisse une grande marge de manœuvre aux parties pour mettre un terme aux relations de travail. Toutefois, tous les motifs de licenciement ne sont pas légalement admissibles. Il est par exemple interdit de licencier un collaborateur en raison de ses activités syndicales, parce qu’il a formulé des revendications salariales ou encore parce qu’il doit accomplir des obligations légales telles que le service militaire ou le service civil.

Le télétravail en cause
Le second point marquant concerne le certificat de travail. Les demandes de conseils juridiques consécutives à des formulations négatives, à des descriptions erronées ou à un manque de reconnaissance ont augmenté de 14 % sur la même période. L’assureur rappelle que, sur le plan juridique, «un certificat doit être rédigé en toute honnêteté, mais avec bienveillance. Si tel n’est pas le cas, il est conseillé de demander par écrit une correction en formulant des propositions de modification concrètes et de fixer un délai raisonnable à cet effet.»

Le rapport de l’assureur ne surprend pas les organisations syndicales. L’Union syndicale suisse (USS), tout comme Unia, dresse le même constat: le climat dans le monde du travail n’a cessé de se durcir ces dernières années. En cause notamment, la généralisation du télétravail depuis la pandémie de Covid-19. Selon l’USS, cette nouvelle organisation du travail a réduit les occasions de rencontre entre collègues et a rendu plus difficile la gestion des situations conflictuelles dans le cadre professionnel. 

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