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Ce 14 juin, toutes et tous dans la rue!

Banderole durant manifestation
© Thierry Porchet

Chaque année, des vagues violettes déferlent dans les villes suisses, pour exiger enfin l’égalité. Ici, à Genève, le 14 juin 2025.

La grève féministe s’organise dans les cantons romands avec un appel à converger à Genève lors de la mobilisation contre le G7. Quant à l’édition 2027, elle se prépare déjà.

Le 14 juin prochain, la Suisse connaîtra une nouvelle journée de mobilisation féministe à l’occasion de la grève des femmes. Syndicats, collectifs féministes et militantes descendront dans la rue pour dénoncer les inégalités persistantes et défendre les droits des travailleuses face aux attaques sociales et politiques qui se multiplient.

Cette année encore, le slogan «Du respect, du temps, de l’argent» sera au cœur des revendications d’Unia. Pour Victoria Lange Gómez, secrétaire à l’Egalité du syndicat, cette mobilisation reste essentielle dans un contexte marqué par une remise en cause des acquis sociaux.

«Unia mettra de son côté spécifiquement l’accent sur la lutte contre le harcèlement sexuel au travail, dont la campagne a été lancée le 8 mars dernier. D’ailleurs, quelques actions sur cette thématique auront lieu à Zurich le 14 juin», explique-t-elle.

 

Pas touche aux salaires minimums

Au-delà de la dénonciation des violences sexistes et sexuelles, au travail et ailleurs, les questions salariales occuperont une place centrale dans les manifestations. «Les salaires minimums cantonaux seront au cœur des revendications, alors même que la motion Ettlin va être traitée au Parlement et que le peuple vaudois se prononcera le même jour sur cet objet», souligne la responsable syndicale.

Pour le syndicat Unia, ces offensives contre les protections salariales et les conditions de travail touchent en premier lieu les femmes, davantage exposées à la précarité, au temps partiel subi et aux bas salaires. Dans de nombreux secteurs féminisés, comme les soins, le nettoyage, la vente ou l’hôtellerie-restauration, les travailleuses restent parmi les plus vulnérables face à la dégradation des conditions de travail.

«Il est très important de se mobiliser, car les femmes subissent des attaques de toutes parts, notamment sur les salaires. Nos acquis sont remis en cause et les femmes, qui sont plus précarisées, sont les premières victimes. C’est pourquoi il faut se battre contre ce recul de nos droits!», insiste Victoria Lange Gómez.

 

Toutes à Genève!

En Suisse romande, la mobilisation prendra cette année une forme particulière. Les organisations appellent les militantes et les militants à converger vers Genève pour participer à la manifestation contre le G7, dont le sommet se tient, pour rappel, à Evian du 15 au 17 juin. «Ce sera donc une année un peu spéciale avec une mobilisation qui sera concentrée au bout du lac, mais des actions auront quand même lieu le 13 juin, comme une grande manifestation à Lausanne», précise-t-elle.

A ce sujet, le Collectif vaudois de la grève féministe entend donner une dimension résolument politique et internationaliste à cette mobilisation. Dans son communiqué de presse, il dénonce les politiques d’austérité qui «détruisent les services publics», tandis que «les classes dominantes s’enrichissent sur l’exploitation du travail de soin, domestique et éducatif, gratuit ou sous-payé». Le collectif souligne que ce travail, majoritairement assumé par les femmes, les personnes migrantes et les minorités, constitue un pilier invisible du système économique actuel. A la veille de la mobilisation contre le G7 à Genève, les militantes féministes veulent ainsi articuler les luttes sociales locales aux enjeux internationaux. Le collectif affirme combattre «un système d’oppression où le patriarcat, le capitalisme, le militarisme et le colonialisme s’alimentent mutuellement» et revendique un féminisme «anticapitaliste, anti-impérialiste et antifasciste». Pour les organisatrices, la défense des droits des femmes ne peut être dissociée de la lutte contre les politiques d’austérité, les violences racistes et sexistes ou encore la montée de l’extrême droite.

 

Cap sur 2027

Depuis la grande grève féministe de 2019, qui avait rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues du pays, le mouvement ne cesse de rappeler que l’égalité est encore loin d’être atteinte. Ecart salarial entre hommes et femmes, sous-valorisation du travail du care, retraites insuffisantes, violences sexistes ou flexibilisation du travail: les revendications restent nombreuses.

Les organisations syndicales et les collectifs féministes voient plus loin. «Nous sommes déjà tournées vers le 14 juin 2027, qui sera une année de grande manifestation. Unia a signé l’appel de la Grève féministe et s’en saisira pour lancer et préparer d’ores et déjà le rassemblement de l’année prochaine, annonce Victoria Lange Gómez. Nous allons mobiliser dans tous les secteurs, notamment dans les soins et le travail du care, central dans la lutte féministe.»

Le 14 juin sera donc une nouvelle démonstration de force dans toute la Suisse pour rappeler qu’aucun droit n’est définitivement acquis et que l’égalité ne pourra avancer sans mobilisation collective. 

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