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Le vent de la grève se lève à Genève

Manifestants
©Olivier Vogelsang

Les représentants des syndicats Unia et Sit lors de la conférence de presse qui a annoncé la grève des maçons genevois, le 3 et 4 novembre prochains. 

Les maçons du canton ont voté l’arrêt du travail les 3 et 4 novembre prochains. Une réponse au démantèlement de la Convention nationale voulu par le patronat.

Il faut avoir parcouru, même en diagonale, le projet de Convention nationale dans le secteur de la construction, tel qu’il est imaginé par la Société suisse des entrepreneurs (SSE), pour comprendre la colère que ressentent les maçons en Suisse romande. Page après page, le patronat a mis en rouge et biffé des pans entiers des accords existants, refusant non seulement d’entendre les revendications légitimes de la branche, mais allant jusqu’à élaguer une partie conséquente des acquis fixés par le passé. Deux visions, diamétralement opposées, s’affrontent ainsi depuis plusieurs semaines dans des rondes de négociation de l’accord – il portera sur quatre ans dès janvier 2026 – pour l’heure à l’état de blocage. A Genève, comme ailleurs, les ouvriers ont donc décidé de riposter aux positions de la SSE avec l’arme de dernier recours, la grève, qui aura lieu les 3 et 4 novembre prochains. 

L’annonce a été faite le 1er octobre, conjointement par les syndicats Unia et Sit, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à la place Lise-Girardin. Responsable des secteurs de la construction et artisanat à Unia Genève, José Sebastiao a souligné l’importante adhésion de la base à la grève: «Il y a dans le Canton 4000 travailleurs dans le gros œuvre, plus de la moitié s’est exprimée et 94% des voix ont dit oui à l’arrêt du travail.» Les bulletins, recueillis après des concertation dans les chantiers ayant permis à chacun de se déterminer sur les moyens de lutte le plus appropriés pour défendre les droits, ont été dépouillés le 26 septembre dernier, lors d’une assemblée générale qui s’est tenue au l’Université ouvrière de Genève (UOG). 

Patronat pire que les loups
Le représentant d’UNIA a évoqué, dans la suite de la conférence de presse, la raison de la présence d’un grand drapeau, placé en hauteur, entre ces deux colonnes qui dominent une partie de la place où était conviée la presse. On y voyait le visage féroce d’un loup, crocs en vue, regard menaçant. «Il symbolise l’attitude actuelle du patronat, qui se comporte en réalité bien pire que les loups. Il veut tout détruire de ce qui a été construit durant ces dernières années, en exigeant davantage de flexibilité, en prolongeant le temps de travail, en s’attaquant aux éléments qui protègent les travailleurs, en rendant possible le licenciement des salariés en arrêt maladie ou accidentés.» 

A ses côtés, Thierry Horner du Sit, a souligné par le détail l’absurdité des prétentions de la SSE: «Les semaines de 50 heures et plus, surtout en été, sont une exigence irréaliste, surtout au vu des conséquences du réchauffement climatique qu’on observe depuis quelques années sur les chantiers. On veut ajouter à cela des quotas de 250 heures supplémentaires et rendre corvéable à merci un personnel dont la moyenne d’âge dépasse largement les 50 ans. Ces atteintes faites à une des meilleures conventions en Suisse constituent en fait une attaque à tous les travailleurs. C’est pourquoi nous demandons le soutien de toute la population lors de notre mobilisation.» 

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