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Stop aux salaires de misère des apprentis!

unia valais action
© Thierry Porchet

Les syndicalistes d'Unia sont allés à la rencontre des jeunes apprentis pour échanger sur leurs salaires.

Unia Valais a organisé une action devant une école professionnelle afin de se faire entendre par les autorités et les employeurs, qui n’ont pas augmenté certains salaires depuis quinze ans.

«Les apprentis sont le parent pauvre des négociations salariales», déplore Blaise Carron, secrétaire régional d’Unia Valais. Ce lundi 7 septembre, le syndicat a organisé une action devant l’Ecole professionnelle commerciale et artisanale, à Sion, muni d’une balance spécialement conçue pour l’occasion. Un côté symbolise la pression, la responsabilité, le stress et la fatigue des apprentis. L’autre, leur salaire. «Il y a un grand déséquilibre, dénonce le responsable syndical. Les apprentis gagnent des salaires de misère par rapport à leur contribution dans les entreprises. De plus, la plupart des montants n’ont pas bougé depuis quinze ans. Ils n’ont même pas été adaptés au renchérissement du coût de la vie.»

Il est presque midi, les élèves sortent pour leur pause repas. Dans la brochure qui leur est distribuée, Unia met en lumière les salaires actuels moyens pour les métiers de l’artisanat de la construction et les garages. En première année, ils sont de 650 francs par mois et ce salaire augmente progressivement pour arriver à 1330 francs en quatrième année. Des salaires gelés depuis 2015, malgré une inflation de plus de 8%. Dans l’hôtellerie-restauration, la vente, la boulangerie ou la coiffure, les apprentis ne gagnent pas plus de 1000 francs par mois en moyenne en fin de cursus. Unia revendique des salaires qui reconnaissent la contribution du travail des apprentis, à savoir entre 900 et 3000 francs selon les branches et l’ancienneté, soit 250 à 1670 francs d’augmentation.

Pénurie d’apprentis
Qui détermine les salaires des apprentis? Il s’agit du Conseil d’État et des associations professionnelles. Les syndicats n’ont pas voix au chapitre dans ce domaine. «Nous avons essayé à plusieurs reprises d’entrer en matière sur le sujet des salaires avec ces acteurs-là, sans succès. Pour eux, tout va bien et les entreprises font déjà assez d’efforts.»

Pourtant, les chiffres sont sans appel: quasiment un apprenti sur deux quitte sa formation et la pénurie dans certains secteurs commence à être inquiétante. Sans parler du stress qui explose aussi chez les apprentis. «Pour Unia, l’amélioration de l’attractivité de l’apprentissage passe par l’augmentation des semaines de vacances et celle des salaires», souligne Blaise Carron. Ces prochains jours, l’équipe d’Unia sera également sur le terrain à Martigny et dans le Haut-Valais. «Comme on n’arrive pas à se faire entendre, on se mobilise. Le but, c’est de rééquilibrer cette balance afin d’arriver à plus de justice pour les jeunes.»

Un discours qui a l’air de parler aux jeunes croisés devant leur école. Un groupe d’amis en deuxième année d’apprentissage dans la branche du commerce se montre intéressé. «Après les retenues sur salaire, il nous reste environ 850 francs par mois, ça ne suffit pas, se plaint une jeune fille. On fait les mêmes horaires que nos collègues, les mêmes taches, mais on gagne beaucoup moins. A côté, on doit encore gérer l’école et le travail personnel à la maison, c’est un rythme soutenu.» Son ami dit même qu’on attend davantage des apprentis. «Je dois tout faire au magasin, j’en fais plus que mes collègues qui ont parfois des moments de répit, moi non. C’est super frustrant.» Devant eux, les syndicalistes ont pris l’engagement de tout faire pour que les choses changent. 

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