Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Une meilleure protection pour les salariés des métiers techniques du bâtiment

bat tech
@ Neil Labrador/ Archives

Les électriciens, chauffagistes, ferblantiers, installateurs sanitaires et autres métiers techniques du bâtiment verront leur salaire augmenter et jouiront de plus de vacances. 

A Genève, la Convention collective de travail est désormais étendue, accordant davantage de droits et de sécurité à plus de 7000 travailleurs. Une victoire selon Unia.

Des salaires garantis au-dessus du minimum cantonal, davantage de vacances, une meilleure couverture en cas de maladie, une retraite anticipée maintenue et les mêmes règles pour toutes les entreprises. Depuis le 1er juillet 2026, la nouvelle Convention collective de travail des métiers techniques du bâtiment (CCT-MBG) a été étendue à l’ensemble de la branche à Genève après validation par le Conseil d’État, informe un communiqué de presse commun d’Unia et des six associations patronales du secteur. Une avancée importante pour les quelque 7000 travailleuses et travailleurs œuvrant dans plus de 650 entreprises, qu'elles soient genevoises, suisses ou étrangères. A noter que les travailleurs temporaires sont eux aussi couverts.

Quelles sont les améliorations apportées à cette nouvelle CCT-MBG? Les salaires conventionnels restent supérieurs au salaire minimum cantonal et les salaires réels augmentent de 20,80 francs par mois par rapport à 2025. La durée hebdomadaire du travail passe de 41 à 40 heures et les heures effectuées en dehors des horaires habituels donnent droit à des majorations allant de 25 à 100%.

Les vacances sont également revues à la hausse, avec un droit compris entre 22 et 32 jours selon l'âge et l'ancienneté. Une assurance perte de gain maladie solidaire est instaurée, les déplacements sur chantier donnent droit à une indemnité journalière de repas de 12 francs et le système de retraite anticipée est confirmé. Sans oublier les apprentis, dont les salaires minimaux progressent de 50 à 80 francs par mois selon leur année de formation.

«Pour les travailleuses et travailleurs du secteur, cette CCT étendue représente une avancée concrète, à travers un contrat écrit dès le premier jour, des salaires minimaux garantis et une prévoyance renforcée, se félicite José Sebastiao, secrétaire syndical en charge du secteur à Unia Genève et président de la Commission paritaire des métiers techniques du bâtiment (CPMBG). C'est un signal clair qu'à Genève, le travail technique s'exerce dans un cadre qui respecte celles et ceux qui le réalisent.»

Agir contre le dumping
Les partenaires sociaux se réjouissent: cette convention «fixe un cadre unique qui protège les droits des travailleurs et offre aux entreprises une concurrence équitable face aux pratiques déloyales et au travail au noir». Autrement dit, toutes les entreprises actives dans les métiers techniques du bâtiment sont logées à la même enseigne en matière d’obligations.

«Cette convention est le résultat d'un dialogue social exigeant et constructif, souligne Philippe Massonnet, vice-président de la CPMBG et chef d’entreprises d’électricité. Elle donne à nos entreprises la visibilité dont elles ont besoin pour investir, former et recruter, tout en assainissant les conditions de concurrence.»


Pour Unia, une bonne convention collective n'a de valeur que si elle est effectivement appliquée. Des moyens ont aussi été engagés de ce côté-là. «La CPMBG a considérablement renforcé ses ressources pour effectuer des contrôles, à travers des équipes redimensionnées, des outils informatiques modernes, un nouveau site internet et des bases conventionnelles claires, souligne Morgan Tinguely, secrétaire général de la CPMBG. L'ensemble des règles sont publiques depuis le 16 avril 2026 et leur application est immédiate à compter du 1er juillet 2026.» Rappelons que la commission paritaire est chargée de veiller à l’application de la CCT, d’informer les entreprises et de sanctionner les manquements, avec des peines conventionnelles pouvant atteindre 30 000 francs par cas et par travailleur, et jusqu’à 120 000 francs en cas de récidive.

Pour aller plus loin

«Etre une femme sur un chantier peut vite virer au cauchemar»

Les quatre intervenantes.

Unia Genève a réuni quatre travailleuses du bâtiment pour qu’elles partagent leur quotidien et réfléchissent sur des propositions pour améliorer leurs conditions de travail. Témoignages

Améliorer les conditions de travail des femmes sur les chantiers

Unia lance un grand sondage dans l’artisanat pour connaître les conditions et les revendications des femmes du secteur en vue de la Grève du 14 juin, mais aussi au-delà

Pour des chantiers dignes et propres

Un syndicaliste montre une photo du chantier.

A Genève, Unia a dénoncé des conditions de travail choquantes sur un chantier de la luxueuse rue du Rhône: les ouvriers du second œuvre et de la métallurgie du bâtiment devaient manger et se changer dans un taudis. Coup de gueule payant. Le syndicat continuera à se battre pour la dignité, l’hygiène et la sécurité sur les chantiers

Record de pingrerie dénoncé en Valais

Blaise Carron et Serge Aymon avec la râpe d'or.

Unia a remis à la Fédération suisse romande des entreprises de plâtrerie-peinture une râpe d’or illustrant symboliquement sa radinerie