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Unia réclame une meilleure protection des ouvriers lors des canicules

Ouvriers sur un toit
© Neil Labrador/archives

Les travailleurs du secteur de la constructions ont parmi les plus exposés aux fortes chaleurs, qui représentent un grand danger pour la santé et la sécurité au travail.

Avec les fortes chaleurs annoncées, le syndicat exige que les travaux pénibles soient interrompus en extérieur à partir de 33 degrés.

Alors que les cantons déclenchent leur alerte canicule, Unia s’inquiète de l’impact des fortes chaleurs sur les chantiers. En cette mi-juin, le mercure devrait en effet atteindre par endroits les 38 degrés en Suisse. Or, les travailleurs du secteur de la construction, qui effectuent un travail physique très pénible sous un soleil cuisant et sur un asphalte surchauffé, seront parmi les plus exposés. Le syndicat souligne que les conséquences peuvent être grave. «La très forte chaleur n’est pas seulement épuisante, elle représente aussi un grand danger pour la santé et la sécurité au travail.»

Elle peut en effet causer de la déshydratation, des insolations et des coups de chaleur. «Chaque année, un millier de travailleurs sont atteints d’un cancer de la peau lié au travail. Selon la Suva, le risque d’accident sur les chantiers augmente de 7% les jours où la température dépasse 30 degrés.» Un danger qui augmente d'année en année à cause du réchauffement climatique. Des températures record ont déjà été enregistrées au mois de mai de cette année.

Le syndicat détaille les différentes mesures de protection qui s'appliquent actuellement en cas de travail par temps de canicule: pauses régulières, mise à disposition d’eau potable et adaptation des horaires et de l’organisation du travail. La nouvelle convention collective de travail nationale du secteur principal de la construction (CN), entrée en vigueur cette année, prévoit en outre que le travail doit être interrompu lorsque la santé des travailleurs de la construction est menacée.

 

La pression des délais

Mais dans la pratique, il arrive régulièrement que les entreprises ne respectent même pas ces dispositions minimales. «La principale source de problème est la forte pression des délais imposée par les maîtres d’ouvrage en tant que mandants», souligne Unia, ajoutant que même les maîtres d’ouvrage publics exigent de plus en plus des délais de construction irréalistes et les font respecter strictement sous peine d’amendes conventionnelles.

«Les maçons construisent nos logements, nos hôpitaux, nos écoles et nos infrastructures de transport. Le fait que leur santé soit sacrifiée pour respecter des délais de construction inutilement serrés est un scandale!»

Le syndicat exige donc des mesures de protection plus contraignantes, telles que l’interruption des travaux pénibles en extérieur à partir de 33 degrés et par conséquent, la prolongation des délais de construction. «La directive sectorielle SIA 118 le propose déjà», précise Unia, qui appelle les employeurs, les maîtres d’ouvrage et les autorités à assumer leurs responsabilités et à accepter d’apporter cette précision à l’Ordonnance sur les travaux de construction. Et de prévenir qu’il n’hésitera pas, avec les travailleurs de la construction concernés, à stopper les travaux si leur santé est menacée.

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