Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Chômage des frontaliers: une réforme jugée injuste

Aux côtés de la CGT française, Unia, l’Union syndicale suisse et d’autres syndicats européens se mobilisent contre les attaques en matière de droits au chômage des travailleurs frontaliers.

La contestation est toujours vive autour des règles d’indemnisation chômage des travailleurs frontaliers. Dans un communiqué commun publié le 19 mars, plusieurs organisations syndicales européennes, dont la CGT, Unia, l’Union syndicale suisse ou encore la Confédération syndicale indépendante du Luxembourg et la Fédération générale du travail de Belgique dénoncent un durcissement des conditions en France qu’elles jugent pénalisant et contraire au droit européen.
En ligne de mire: un décret imposant aux frontaliers en recherche d’emploi d’accepter une offre dite «raisonnable» dans leur bassin de résidence. Une disposition qui pourrait les contraindre à revoir nettement à la baisse leurs prétentions salariales, après avoir travaillé en Suisse, au Luxembourg ou en Belgique, où les rémunérations sont souvent plus élevées.

Pour les syndicats, cette mesure «discriminatoire» crée une inégalité de traitement et fragilise un modèle de mobilité pourtant essentiel à l’économie européenne. «Environ 450 000 personnes résidant en France travaillent aujourd’hui dans un pays voisin, souvent dans des emplois plus précaires que la moyenne, précisent les syndicats. La mobilité ne doit pas se retourner contre les travailleurs.»
Ces derniers rappellent que les règles européennes ont précisément été conçues pour garantir la libre circulation sans perte de droits.

Recours balayé
Pour rappel, lesdits syndicats sont mobilisés sur le sujet depuis les négociations sur l’assurance chômage fin 2024, lors desquelles elles ont obtenu l’abandon d’un mécanisme de baisse des allocations jugé illégal au regard du droit européen. Or elles estiment que le décret maintenu par le gouvernement constitue une nouvelle atteinte aux droits des frontaliers et exigent son retrait immédiat.

Saisi par la CGT, le Conseil d’État a toutefois rejeté le recours lors d’une décision rendue après l’audience du 16 février 2026, sans interroger la justice européenne sur l’interprétation des textes.
Une décision vivement critiquée par les syndicats, qui y voient une occasion manquée de clarifier le cadre juridique. «Faciliter le travail transfrontalier passe par des droits entiers, sans le recul prévu par le décret du gouvernement français. Les frontaliers ne sont ni une variable d’ajustement budgétaire, ni une monnaie d’échange politique. Quelle que soit la décision, nos organisations continueront de défendre conjointement les droits des travailleuses et travailleurs frontaliers!» 

Pour aller plus loin

«On assiste à une répression d’activités militantes qui devraient être protégées»

Avocats face aux médias.

De nombreux procès touchant les militants climatiques ont eu lieu depuis fin 2019. La Cour européenne est saisie dans deux affaires. Le point sur cette judiciarisation avec l’un des avocats engagés

Droit pénal sexuel: «Ecoutez-nous!»

Banderole "Ras-le-viol" lors de la mobilisation à Berne.

Cris collectifs, prises de parole et témoignages: alors que la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats s’exprimait, le 31 août dernier à Berne, sur la révision de...

S’arrêter de travailler pour soigner un proche, c’est possible

La nouvelle Loi fédérale sur les proches aidants accorde des congés payés aux travailleurs qui doivent prendre soin d’un membre de leur famille

Genève: séance sur l'impôt à la source

Depuis le 1 er janvier de cette année, des nouvelles dispositions sont entrées en vigueur en matière d’impôts à la source en Suisse. La législation fédérale a été modifiée dans le...