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Fenaco: des progrès, mais des salaires toujours insuffisants

Champs avec tracteur.
© Thierry Porchet

Fenaco emploie plus de 11000 personnes actives dans la production alimentaire, le commerce de détail ainsi que dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture dont près de 6000 sont soumises à la convention collective de travail.

Unia et Syna ont conclu une nouvelle convention collective de travail avec la société coopérative. De véritables améliorations à la clef, mais quelques bémols.

«Nous sommes contents de l’accord qui comprend plusieurs avancées.» Coresponsable du secteur industrie à Unia, Corinne Schärer commente la nouvelle Convention collective de travail (CCT) conclue avec Syna et Fenaco qui entrera en vigueur en mars prochain. La syndicaliste mentionne différentes améliorations obtenues comme celles favorisant une meilleure conciliation entre vie professionnelle et privée. Le temps de travail sera notamment mieux adapté. Concrètement, les plannings seront annoncés trois semaines à l’avance au lieu de deux et les missions devront durer au moins deux heures. Par ailleurs, pour la première fois, les heures supplémentaires et manquantes font l’objet d’un règlement détaillé. Dans le commerce de détail et les autres segments, le nombre est fixé à 60 heures supplémentaires et 40 heures manquantes. Si elles excèdent les 60 heures, elles seront payées 25% de plus. Dans l’industrie alimentaire, les chiffres ont été arrêtés à 150 heures supplémentaires et 70 heures manquantes. Dans ce cas aussi, au-dessus de 60 heures, le même supplément s’applique. «Cette question était très importante pour le personnel. Il fallait vraiment y répondre», précise la responsable d’Unia rappelant qu’un sondage avait permis au préalable de dresser la liste des revendications prioritaires, renforçant la position des syndicats.

Personnel âgé mieux protégé
Corine Schärer partage aussi sa satisfaction face à la prolongation du congé maternité à 18 semaines et au congé d’adoption à trois semaines assortis du versement intégral du salaire. Les congés de prise en charge de 14 semaines prévus par la loi pour s’occuper d’enfants gravement atteints dans leur santé sont en outre étendus aux conjoints et aux parents. Autre sujet de  contentement, le férié supplémentaire payé soit un total désormais de 11 jours par an. La représentante d’Unia souligne encore la protection accordée aux employés de 50 ans et plus et comptant 10 années de service: «Le délai de résiliation du contrat de travail est fixé à cinq mois au lieu de trois mois.» L’accord met également l’accent sur «la protection de l’intégrité personnelle, la promotion de la santé, la garantie de la protection des données et le droit de participation des employés». «Par exemple, la commission du personnel prendra part à l’avenir aux négociations sur la CCT et sur les salaires ainsi qu’à la commission paritaire.»

De meilleures rémunérations nécessaires
Si la syndicaliste salue clairement les progrès obtenus, elle estime qu’ils ne sont pas suffisants. Et regrette en particulier que, sur le front des rémunérations, la situation reste mauvaise. «Le salaire minimum a augmenté seulement de 100 francs, atteignant 4100 francs. Nous demandions 4500 francs. Les discussions se poursuivront pour des hausses significatives.» Le salaire d’entrée à l’issue de l’apprentissage s’élève à 4250 francs avec AFP (attestation fédérale de formation professionnelle) ou à 4350 francs pour les personnes possédant un CFC. Dans le domaine de l’industrie alimentaire, le salaire minimum sera majoré de 50 francs en 2027. 
Corinne Schärer juge aussi négativement le refus, dans l’industrie, de limiter le temps de travail hebdomadaire à 40 ou 41 heures. «La moyenne se situe à 42 ou 43 heures.»
Objet de 8 huit rounds de négociations, la CCT court jusqu’à la fin 2028 et concerne près de 6000 collaborateurs et collaboratrices de Fenaco.

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