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A Neuchâtel, Unia dénonce une consultation alibi

Tiroir avec des médicaments
© Olivier Vogelsang/archives

Le groupe pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb possède à Boudry (NE) plusieurs entreprises employant un millier de personnes.

Après l'annonce de licenciements par le groupe Bristol-Myers Squibb, à Boudry, le syndicat exige que les droits du personnel soient respectés.

Branle-bas de combat à Boudry, dans le canton de Neuchâtel. Après l’annonce de licenciements par le groupe pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb, qui possède sur le même site plusieurs entreprises employant un millier de personnes, Unia organise une assemblée extraordinaire du personnel le mardi 29 septembre, dans ses locaux (avenue de la Gare 3, à Neuchâtel). Le syndicat estime en effet que le droit de consultation des travailleurs et des travailleuses n’est pas respecté et veut discuter avec eux des éventuelles actions à mener.

Le 16 septembre, le personnel de Bristol-Myers Squibb Services Unlimited Company, Dublin, succursale de Boudry, et de Celgene R&D Sàrl – une société rachetée en 2019 par le groupe américain – a reçu un e-mail lui apprenant qu’une restructuration aurait prochainement lieu. Le nombre exact de postes supprimés n’a pas été communiqué, mais Unia Neuchâtel a en tout cas connaissance de plusieurs dizaines de licenciements. Le syndicat, choqué par une telle annonce dans un secteur porteur, a alors sollicité une rencontre rapide avec les responsables de l’entreprise. Toutefois, la réponse a été décevante, la direction «jouant la montre et proposant une rencontre bien trop tardive», écrit Unia dans un communiqué de presse.

 

Bonne santé financière

Rappelons que Bristol-Myers Squibb a inauguré en mai dernier, en présence du conseiller fédéral Guy Parmelin, un nouveau bâtiment de production de 300 millions de francs à Boudry. Un tel investissement montre que le groupe semble jouir d’une bonne santé financière, même si, en l’occurrence, ce n’est pas la production qui est concernée par les suppressions de postes.

Unia se dit indigné par la méthodologie mise en place pour une consultation, qui ne respecte pas les prescriptions légales. Pour donner leur avis, les salariés sont en effet invités – via l’e-mail reçu le 16 septembre – à répondre à un questionnaire en ligne jusqu’au 2 octobre. «Il est absolument nécessaire que la procédure prévue par la loi soit rétablie, que les travailleuses et les travailleurs des entités concernées aient accès à toutes les informations nécessaires pour faire des propositions et qu’ils et elles puissent s’organiser pour la consultation de manière correcte», exige Unia Neuchâtel, en demandant une prolongation du délai. En parallèle, le syndicat a entrepris des démarches auprès de l’Etat afin de déterminer si cette entreprise a bénéficié des forfaits fiscaux. Il rappelle que personne n’est au-dessus des lois suisses et entend les faire respecter. «Nous dénonçons par la même occasion les tentatives d’intimidation de l’entreprise en interdisant à leurs salarié-e-s de contacter le syndicat.»

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