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À Genève, on relance la campagne contre la LHOM

Affiche de campagne
©Thierry Porchet

Les représentants du comité référendaire contre la LHOM ont relancé avec une conférence de presse la campagne interrompue en 2025. 

À l’approche du verdict populaire du 14 juin sur l’ouverture des commerces deux dimanches par année, syndicats et acteurs politiques réaffirment leur opposition à cette mesure.

On reprend la même campagne d’affichage et on recommence. C’est ainsi que pourrait être résumée la mobilisation que syndicats et partis de gauche genevois ont relancée le 29 avril contre la modification de la loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM). Porté par un large comité référendaire, le sujet aurait dû être soumis au vote populaire le 30 novembre dernier: il s’agissait alors de se prononcer sur la possibilité d’ouvrir les commerces deux dimanches par an à Genève, avec l’ajout du 31 décembre. Mais, coup de théâtre dont la ville au bord du Léman a le secret, le Conseil d’État en a décidé autrement le 15 octobre, en annulant la convocation aux urnes. Il faisait ainsi suite à un arrêt du Tribunal fédéral estimant qu’on ne pouvait pas lier, dans l’énoncé du vote figurant dans la brochure, l’ouverture des commerces à l’obligation d’étendre la convention collective de travail de la branche.

«Le dimanche, je débranche» 
La décision de l’exécutif cantonal n’effaçait pas pour autant définitivement l’objet du vote, mais elle provoquait de vives réactions au sein du comité référendaire, qui dénonçait un déni de démocratie. Aujourd’hui, les mêmes acteurs pointent les manquements du Conseil d’État, qui aurait dû saisir le Grand Conseil pour clarifier les aspects juridiques et politiques de la question. Sur le fond de la loi, les griefs les plus importants restent toutefois inchangés depuis la campagne de 2025. Et les affiches aussi: «Nous allons les modifier à la main, il y en a environ 450 sur le territoire », explique Balmain Badel, secrétaire syndical à Unia Genève et responsable du secteur tertiaire. «On n’a pas obtenu le remboursement des frais de campagne ni le financement des modifications, alors nous allons le faire progressivement, comme autant d’actions de campagne.»

Le 14 juin prochain, Unia et ses partenaires appellent à suivre le slogan «Le dimanche, on débranche». Ils l’ont souligné lors d’une conférence de presse tenue près de Manor, en présence notamment de Romain de Sainte-Marie, député PS au Grand Conseil, de son collègue Pierre Eckert (Les Vert·e·s), de Pierre Vanek (Union Populaire) et de Luca Califano (SolidaritéS). Le front était complété par Davide De Filippo, du Sit et de la faîtière CGAS, et par Balmain Badel. Ce dernier a relevé que la votation du 14 juin dépasse le cadre local: «Au niveau national, une large alliance y est opposée, réunissant notamment des églises, des organisations féministes, des syndicats et la Société suisse de médecine du travail. Cela n’empêche pas les grands patrons du commerce de détail d’imposer leur projet de société. En échange, ils proposent des miettes de mauvais goût: un volontariat très relatif — car dans le salariat, le volontariat n’existe pas — et de maigres compensations financières dans un secteur déjà précaire. Rien ne remplacera ce qu’on perd avec le travail du dimanche: le repos, le temps de vivre, la santé. N’en déplaise au bloc bourgeois, tout ne s’achète pas.» Pour le syndicaliste, il est urgent de sécuriser les salaires, les horaires de travail et la santé du personnel.

Un enjeu de société 
Romain de Sainte-Marie a souligné qu’étendre les jours d’ouverture ne résout pas la crise que traverse le commerce de détail. Le pouvoir d’achat stagne; la concurrence des enseignes françaises et des sites internet persistera en tout cas. Pierre Vanek, lui, a tiré la sonnette d’alarme en affirmant que l’acceptation de la LHOM constituerait une brèche dans la protection des personnels de la vente, mais aussi de ceux qui y sont liés: logistique, transport de marchandises, sécurité, gestion du personnel. Parmi les interventions, il y a eu celle de Barbara (prénom d’emprunt), vendeuse depuis 17 ans dans un grand groupe de commerce de détail. Son témoignage a fait surgir des conditions de travail intenables: management défaillant, pressions de toute sorte, favoritisme, cadences et horaires épuisants… pour un salaire net de 4200 francs, allocations familiales comprises. Des conditions qui lui ont valu une dépression et un burn-out.

À l’issue des prises de parole, les représentants du comité référendaire ont distribué aux passants des sacs cabas reprenant le visuel et le slogan de la campagne, «Le dimanche, je débranche». La mobilisation à venir veut rappeler, comme l’indique le communiqué du comité, que «l’enjeu dépasse largement les seuls horaires d’ouverture: il touche à la santé, au repos, à la vie familiale et sociale, au pouvoir d’achat, au sort des petits commerces et au modèle de société que Genève entend défendre.» Unia appelle par ailleurs le personnel de la vente à rejoindre le cortège du 1er Mai, où le thème sera mis en avant, conjointement au refus de l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions!»

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