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Unia Valais décerne une double «Râpe d’or»

Trois syndicalistes et un patron
©Olivier Vogelsang

Blaise Carron (au centre.), secrétaire régional d'Unia Valais, remet la Râpe d'or à Lucien Christe, directeur des organisations patronales. A leurs côtés, Lisa Rossi, responsable de la section Unia du Haut-Valais et Serge Aymon, responsable du secteur de la construction et de l’artisanat à Unia Valais.

Cette année, le syndicat a primé les associations patronales de la technique et de l’enveloppe du bâtiment ainsi que de la construction métallique qui ont refusé d’augmenter les salaires.

L’événement est devenu incontournable en Valais. Chaque année, Unia décerne une «Râpe d’or» à l’entreprise du canton qui a été la plus avare lors des négociations salariales. Et cette année 2026 est un grand cru puisque deux associations patronales se partagent le titre: celle de la technique et de l’enveloppe du bâtiment et celle de la construction métallique. C’est ainsi que les syndicalistes d’Unia se sont rendus le 26 février au Bureau des Métiers à Sion, afin de remettre de vraies râpes dorées à la main, au représentant des associations. «Des négociations ont eu lieu avec Metaltec Valais, mais elles n’ont débouché sur aucun accord, privant ainsi les quelque 1350 salariés de la branche d’une augmentation salariale pourtant amplement méritée», s’est exprimé Blaise Carron, secrétaire régional d’Unia Valais, lors de la conférence de presse.

Punis pour avoir manifesté
Quant aux associations patronales de la technique et de l’enveloppe du bâtiment, Tec-bat, suissetec Oberwallis et l’association valaisanne des constructeurs de cheminées (AVCC), elles ont annulé les négociations salariales pour 2026 en guise de mesure de rétorsion à la manifestation syndicale du 11 octobre. Pour rappel, il s’agissait d’une action en faveur des travailleurs de la construction, lors de laquelle le cortège s’était arrêté sous les fenêtres du Bureau des Métiers.

«Les associations en question ont d’abord motivé leur refus en disant que la manifestation était contraire à la CCT qui nous lie, puis ils ont jugé que nous avions mis sur pied une mobilisation sans «réfléchir avant d’agir», explique le responsable syndical. Quoi qu’il en soit, cette décision unilatérale et sans fondement a rendu impossible un quelconque accord négocié qui aurait pu profiter aux plus de 3250 salariés de cette branche.» Cette pingrerie ne contribue pas à améliorer l’attractivité des métiers de la construction, dénonce Unia Valais, qui réclamait 2 % d’augmentation de salaire. Serge Aymon, responsable du secteur de la construction et de l’artisanat à Unia Valais, souligne que d’autres associations patronales, hébergées également au Bureau des Métiers, ont quand même augmenté les salaires, à l’image des électriciens.

Unia aurait perdu le nord
C’est Lucien Christe, directeur des organisations patronales, qui a reçu les syndicalistes. «Nous avons été heurtés par cette attitude qui représente une attaque contre les libertés syndicales des salariés, expose Blaise Carron. Nous utiliserons le droit de manifester à chaque fois que nous le voudrons et espérons à l’avenir que nous pourrons continuer à le faire librement et sans représailles.»

Pour le représentant patronal, la paix du travail a été mise à mal par cette manifestation, estimant que toutes les associations de la construction jouaient le jeu via la conclusion de CCT et que les deux en question avaient été renouvelées en 2025. «De notre côté nous vous remettons la «Boussole du partenariat social», qui invite le syndicat à retrouver le cap d’un dialogue constructif, cohérent et apaisé.» Dans un communiqué de presse, le Bureau des Métiers, qui déplore le «glissement vers un climat plus conflictuel», appelle Unia à concentrer l’énergie syndicale «sur les nombreux salariés qui ne bénéficient d’aucune CCT». 

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