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Référendum en vue contre l’extension du travail du dimanche

action Berne
© Olivier Vogelsang

Les militants d’Unia ont organisé une action sur la Place fédérale pour appeler les conseillers nationaux à voter contre l’extension du travail du dimanche, sans succès.

Le Conseil national a approuvé une modification de la loi qui permettrait de tripler le nombre d’ouvertures dominicales. Si le Parlement ne rectifie pas le tir, Unia se dit prêt à rétorquer.

Il s’en est fallu de deux voix. Le 2 octobre, le Conseil national a décidé de ne pas suivre le Conseil des Etats et de donner le feu vert à une nouvelle extension du travail dominical dans le commerce de détail. En approuvant cette modification de la loi, qui fait suite à une initiative du Grand Conseil du canton de Zurich, l’objectif est de porter le nombre d’ouvertures dominicales dispensées d’autorisation de quatre à douze par an dans la vente, soit trois fois plus. 

Personnel méprisé
Une décision désastreuse, juge Unia. Des membres du syndicat étaient présents devant le Palais fédéral, dès le lever du soleil, pour distribuer des tracts aux parlementaires avant leur participation à la dernière session d’automne. Cela n’aura pas suffi. 
«Le Parlement a ignoré les préoccupations du personnel de vente en exprimant ouvertement que la protection des travailleuses et des travailleurs n’était pas une priorité pour la majorité parlementaire, s’indigne Leena Schmitter, co-responsable du secteur tertiaire chez Unia. Vouloir sans cesse étendre le travail du dimanche, c’est mépriser la protection de la santé des salariés et la volonté clairement exprimée par le peuple.»

Le syndicat rappelle dans un communiqué de presse que, d’après ses évaluations, le peuple a refusé la libéralisation des heures d’ouverture des commerces dans près des deux tiers des votations ces vingt dernières années. «La loi néglige non seulement les salariés, mais aussi les besoins de la population, souligne Unia. Une majorité des cantons n’utilise d’ailleurs même pas les quatre ouvertures dominicales autorisées actuellement.»

Santé en danger
Lors de cette action, les syndicalistes et les militants de la branche ont rappelé les conséquences d’une augmentation du travail dominical sur la santé mais aussi la vie privée, dans un secteur où les horaires sont déjà très étendus et la charge de travail intense. «La vente laisse moins de temps pour se reposer, pour la famille et les loisirs, augmente les risques de maladies cardiovasculaires, de troubles articulaires et dorsaux, de troubles du sommeil et de dépression. Ce sont là des effets très concrets pour les personnes concernées.»

A terme, les salariés du nettoyage et de la logistique seraient eux aussi concernés, car il faudra nettoyer les commerces et les approvisionner. «Participer à la vie sociale deviendrait plus difficile pour eux, ajoute Unia. Ils seraient absents des fêtes de famille, et leur engagement dans une association ou un parti serait fortement limité.»

Prêts à contre-attaquer
D’un point de vue économique, le syndicat estime que les avantages sont minimes, car un franc ne peut être dépensé qu’une fois. «Des études démontrent que des horaires d’ouverture prolongés n’apportent guère de chiffre d’affaires supplémentaire, mais que le chiffre d’affaires se répartit, explique Unia. Cela n’incite donc pas à embaucher davantage. En même temps, la pression que subit le personnel s’accroît encore.»

Pour Unia, il est urgent que le Parlement rectifie le tir lors de la prochaine session et corrige cette «mauvaise décision» du Conseil national, qui ne doit pas s’accommoder d’une extension massive du travail dominical. Déterminés à défendre leur dimanche libre, et sous le slogan et les pancartes I love sundays, Unia assure qu’elle lancera le référendum contre ce projet aux côtés de ses alliés et des salariés si les parlementaires ne reviennent pas en arrière. 

Une vidéo réalisée par Unia

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