Réduire le nombre d’intermédiaires

Les représentants du personnel de la RTS, soutenus par le Syndicat suisse des mass média estiment possible de préserver la quarantaine de postes menacés

Péril sur l’emploi. La SSR a annoncé en octobre dernier un plan d’économies de 100 millions de francs sur son budget actuel, dont 13 millions pour la Radio télévision suisse (RTS). Si cet objectif sera en grande partie atteint via des réductions de coûts de bâtiments, de structures, de fonctionnement et d’équipements, 200 postes équivalents plein temps risquent quand même d’être supprimés, dont 41 à la RTS. Une perspective évitable, estime le Syndicat suisse des mass média (SSM) qui a organisé la consultation du personnel du 7 au 31 janvier dernier, réunissant 46 participants. Les alternatives des employés qui seront soumises le 8 mars à la direction portent sur des économies substantielles dans le domaine des infrastructures, et des nouvelles recettes et des gains de productivité. Ce dernier objectif serait permis grâce à une «organisation moins verticale, sans surcharge pour les équipes de travail».

Fausse bonne idée

«En d’autres termes, il s’agit d’éviter les processus inutiles de validation des compétences, de réduire le nombre d’intermédiaires», précise Valérie Perrin, secrétaire régionale du SSM. Moins de hiérarchie et plus de terrain... Pour le personnel, précise encore le syndicat, la priorité doit porter sur la création de contenus de qualité, avec des professionnels figurant au centre des projets, allant à la rencontre de ses différents publics et s’affranchissant de structures de décisions trop rigides. Une position qui plaide pour une forte présence de la SSR dans toutes les régions de Suisse. «La centralisation des lieux de production sous prétexte de numérisation du monde du travail – à l’image du déplacement de la Radio de Berne à Zurich – apparaît comme une fausse bonne idée.»

Le groupe de travail recommande en outre d’étudier une version meilleur marché et plus flexible du nouveau bâtiment de la RTS qui sera construit sur le site de l’EPFL. Un projet qui a suscité de nombreuses interrogations, jugé «cher, mal situé et pas suffisamment modulable compte tenu des incertitudes concernant la production audiovisuelle de demain.» Son budget, note le SSM, dépasse le montant total des économies prévues par la SSR pour l’ensemble des régions. «Il y aurait matière avec cette construction, en revoyant les standards à la baisse, d’éviter tout licenciement. La marge de manœuvre existe», affirme la représentante syndicale.

Autre combat en perspective

Reste à savoir si les propositions du personnel seront entendues. «Je suis moyennement optimiste. On verra l’ouverture de la direction. Nous nous attacherons, dans tous les cas, à défendre les résultats de la consultation le 8 mars», poursuit Valérie Perrin qui, sans entrer en matière sur les propositions, n’écarte pas non plus l’idée d’une mobilisation des collaborateurs. La piste de la RTS pour faire des économies s’est, elle, orientée vers des fluctuations naturelles, des départs à la retraite anticipée, des baisses de taux d’activité et des licenciements. «Ces derniers représenteraient alors l’équivalent de 19 postes à 100%.» Rappelons que la nécessité de réduire le budget de la SSR fait suite à la diminution de la redevance radio-TV passant, depuis le 1er janvier dernier, de 451 à 365 francs – la part de la SSR est plafonnée à 1,2 milliard de francs – et après que la population a accepté en mars dernier de rejeter l’initiative «No Billag».

A noter encore que le SSM se prépare d’ores et déjà à un éventuel autre combat lié à la possible délocalisation du département «actualité» de la RTS de Genève à Lausanne. «Une décision qui entraînerait alors de facto l’ouverture d’une procédure de consultation avec l’introduction de congés-modifications, comme le prévoit le Code des obligations.» Affaires à suivre.