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Pas touche au congé dominical!

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© Olivier Vogelsang

L'initiative du canton de Zurich veut permettre l'ouverture des commerces douze dimanches par an dans tout le pays.

La Commission de l’économie du Conseil des Etats s’est prononcée en faveur de l’extension de l’ouverture des magasins le dimanche et contre les salaires minimums. Unia monte au créneau.

C’est un double coup de massue pour Unia. Le 16 février, la Commission de l’économie du Conseil des Etats (CER-E) a non seulement donné son feu vert à l’ouverture des commerces douze dimanches par an dans toute la Suisse, mais a aussi approuvé le projet du Conseil fédéral visant à faire primer les conventions collectives de travail sur les salaires minimums cantonaux. 

Concrètement, la CER-E suit l’initiative du canton de Zurich demandant une libéralisation accrue des heures d'ouverture des magasins le dimanche et donc un assouplissement significatif des dispositions protectrices de la loi sur le travail, et ce malgré une large opposition lors de la consultation de la part des cantons, des milieux scientifiques et des organisations spécialisées dans le domaine de la protection de la santé.

Suppléments de salaire sucrés
Pour Unia, ça ne passe pas. «La droite prévoit ainsi de tripler le travail dominical, alors que les électeurs de nombreux cantons et communes ont refusé ce type de libéralisation dans plus des deux tiers des votations dans le passé, écrit le syndicat dans un communiqué de presse. De plus, la majorité des cantons n'utilisent même pas la possibilité d'ouvrir les commerces quatre dimanches par an sans autorisation.» Et d’ajouter que le projet entend supprimer les suppléments de salaire de 50% appliqués actuellement au travail du dimanche.

Unia appelle le Conseil des Etats à revoir sa copie, car approuver ce projet détériorerait encore davantage les conditions de travail et la protection de la santé. «L'augmentation du travail dominical se fait au détriment du repos, des loisirs, de la vie sociale et de la santé des travailleuses et travailleurs.» Il rappelle que les vendeuses et vendeurs ont récemment récolté plus de 9000 signatures contre l'augmentation du travail dominical. «Il est important de prendre au sérieux leur réalité: il faut renforcer la protection de la santé, pas la réduire.»

Non à l’attaque contre les salaires minimums
Par ailleurs, la CER-E a, tout comme le Conseil National, donné son aval au projet du Conseil fédéral qui veut faire primer les CCT sur les salaires minimums cantonaux et communaux. 
Unia s'oppose fermement à la remise en cause des salaires minimums à but social. Pour lui, il s’agit d’un mépris de la Constitution et du fédéralisme. «Cela empêcherait les cantons et les communes de fixer des salaires permettant de lutter contre la pauvreté des travailleuses et travailleurs, précise le syndicat. Les salariés des branches à bas salaires telles que l'hôtellerie-restauration, le commerce de détail, les salons de coiffure et le nettoyage en souffriraient, branches dans lesquelles on retrouve un grand nombre de femmes. L'objectif d'un salaire suffisant pour vivre décemment serait ainsi compromis et les personnes concernées resteraient dépendantes de l'aide sociale, laquelle est financée par la collectivité.» Et de rappeler qu’une étude menée dans le canton de Genève, où les bas salaires ont considérablement augmenté, prouve l'efficacité des salaires minimums à but social.

La discussion se poursuivra au Conseil des Etats lors de la prochaine session de la mi-mars. 

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