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Les syndicats des TPG obtiennent l’engagement de cent chauffeurs

manifestation du personnel des TPG Genève en 2014
© Neil Labrador

En novembre 2014, c’est par la grève que les travailleurs des TPG avaient réussi à faire plier la direction. Aujourd’hui, la menace de bloquer à nouveau l’ensemble des transports publics à Genève a suffi pour obtenir les postes nécessaires à un allégement de la charge de travail. Un résultat dû à la mobilisation du personnel, explique Vincent Leggiero, président de la section SEV TPG, ici à droite lors de la lutte de 2014.

A bout, le personnel des Transports publics genevois avait déposé un préavis de grève

La direction des Transports publics genevois (TPG) et le Front syndical qui réunit les trois organisations du personnel de la régie publique ont finalement signé un accord le 16 avril devant la Chambre des relations collectives de travail (CRCT). Le transporteur avait saisi l’organe de conciliation après le dépôt par les syndicats d’un préavis de grève pour le 21 mars. Les 89% des syndiqués s’étaient prononcés pour cet arrêt de travail durant une consultation par correspondance. Les travailleurs de la régie avaient déjà mené une grève le 19 novembre 2014 qui avait complètement paralysé le réseau.

Au bout du rouleau en raison de la charge de travail et du stress provoqué par les conditions de circulation à Genève, les salariés exigeaient un renforcement des effectifs. Le nombre de chauffeurs en «voltige», c’est-à-dire à qui l’on ne communique leurs horaires que quatre jours à l’avance, est passé en quelques années de 80 à 370, soit un tiers de l’effectif de conduite. A titre de comparaison, les Transports publics lausannois ne dénombrent qu’un huitième de «voltigeurs». Autre élément alarmant, le taux moyen d’absentéisme se situe pour l’ensemble de l’entreprise à 9%, avec des pics jusqu’à 14%. Face à cette situation, les travailleurs des TPG avaient notamment inscrit dans leur cahier de revendications l’engagement d’une centaine de nouveaux conducteurs, une réduction des amplitudes horaires, une pause de 5 minutes en bout de ligne ou encore l’engagement d’un médecin du travail indépendant. Ils voulaient aussi que le renchérissement de 1,1% soit répercuté sur les salaires.

Détermination du personnel

Pour renforcer le service d’exploitation, la direction s’est engagée à recruter 101 collaborateurs d’ici à trois ans, dont près de la moitié avant la fin de l’année. Concernant les horaires de conduite, des mesures concrètes seront prises pour refondre les plannings des «voltigeurs», réduire les services les plus longs et assurer des pauses minimales de 5 minutes lors des «battements». En outre, les TPG acceptent le recours à la médecine du travail pour améliorer la santé des employés. Enfin, parmi les mesures convenues entre les parties, relevons qu’une augmentation de 0,5% des rémunérations sera accordée à partir du mois de juillet.

«L’absentéisme est dû à la souffrance du personnel. Il fallait embaucher pour améliorer les conditions de travail des conducteurs. Une centaine de nouveaux postes, ce n’est pas rien, c’est un gros effort. C’est le résultat de la mobilisation et de la détermination du personnel», commente le président de la section SEV TPG, Vincent Leggiero. «Certes, la direction a fait ses calculs: si on parvient à faire reculer l’absentéisme de 3%, l’opération ne coûtera rien. 1% d’absentéisme c’est en effet 3 millions de francs par année et les mesures prévues se montent à 9 millions, relève le mécanicien. Il faut maintenant que l’accord soit appliqué. Les collègues sont très méfiants et disent qu’ils attendent de voir. C’est pourquoi nous nous gardons de tout triomphalisme. Nous allons rester attentifs. On ne veut pas plus de flexibilité. Mais j’ai bon espoir: les collègues restent mobilisés.»

 

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