Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

«Il faut moderniser les conditions de travail dans la boulangerie-pâtisserie»

personne coupe une pâtisserie
© Olivier Vogelsang/photo d'illustration

Les boulangers-pâtissiers-confiseurs veulent de meilleurs salaires, plus de temps libre et une meilleure reconnaissance de leur expérience professionnelle. 

Les négociations conventionnelles ont repris dans la branche. Les syndicats, dont Unia, réclament de meilleurs salaires, plus de congés et une revalorisation de leur expérience. Enjeux.

Bas salaires, travail de nuit et du week-end, port de charges lourdes: les conditions de travail dans la boulangerie-pâtisserie-confiserie sont difficiles. Depuis le mois de juillet, les partenaires sociaux de la branche ont repris les négociations en vue du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT) qui entrerait en vigueur début 2029. «L’objectif est que nous ayons trouvé un accord fin 2027, ce qui laissera du temps pour la déclaration de force obligatoire auprès du SECO», explique Anne Rubin, responsable du secteur pour Unia.

Plus de temps et plus d’argent

Les syndicats regroupent les revendications sur trois axes. Ils demandent d’abord davantage de reconnaissance de l’expérience professionnelle. Ensuite, ils réclament une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle, qui passerait par plus de congés. «En 2025, nous avions réussi à introduire douze week-ends de congé par an dans la CCT, rappelle Anne Rubin. Aujourd’hui, on aimerait que le personnel ait plus de jours de congé consécutifs afin de pouvoir se reposer et profiter de son temps libre. Nous demandons aussi plus de jours fériés, plus de vacances et une amélioration des congés parentaux.»

Enfin, et pas des moindres, les représentants des travailleurs veulent revaloriser les salaires minimums et les salaires de référence, dans une branche où le minimum est fixé à 3670 francs brut par mois pour le personnel non qualifié. «Lors des dernières négociations, nous avions réussi à introduire un palier salarial au bout de trois ans d’ancienneté, qui permet de gagner 50 francs de plus quand on n’a pas de formation professionnelle, souligne la responsable syndicale. On aimerait poursuivre sur cette bonne lancée et ajouter de nouveaux paliers afin qu’il y ait une progression minimale et prévisible pour les employés.» Par ailleurs, les salariés de la branche réclament une augmentation et/ou une extension du supplément pour le travail de nuit, qui est aujourd’hui de 25% pour les heures travaillées entre 22h et 3h du matin. Idem pour le travail du dimanche, dont l’indemnisation n’est pas prévue dans la CCT à ce jour.

Assurer l’avenir

Un groupe de résonance constitué de membres d’Unia actifs dans le secteur a été constitué. Celui-ci va suivre les négociations en cours, et échanger avec le syndicat au fil de leur avancée. «Comme toutes les négociations, elles s’annoncent difficiles, et nous devrons nous battre aux côtés de nos membres pour obtenir des améliorations, conclut Anne Rubin. Il faut moderniser les conditions de travail de cette branche qui peine de plus en plus à recruter du personnel qualifié. En motivant et en attirant les jeunes à s’investir dans ce noble métier, on offre un futur à cette branche.»

Pour aller plus loin

Les partenaires d’Uber dans le viseur

Intérieur de voiture à travers une sorte de viseur.

A Genève, l’Office cantonal de l’emploi veut soumettre les sous-traitants de la multinationale à la location de services, qui offre de meilleures conditions aux chauffeurs. Une exigence partagée par Unia qui réclame que les missions des conducteurs soient entièrement payées, intégrant les temps d’attente entre deux courses

«J’ai préféré me battre que de ne rien dire»

Le Prix Engagement d’Unia distingue le personnel en lutte de Cats & Dogs et la détermination d’une aide-soignante d’un EMS genevois

Uber: quel avenir pour les chauffeurs?

Me Caroline Renold, avocate, revient sur la décision des autorités genevoises, qu’elle juge largement insuffisante en ce qui concerne l’indemnisation; mais qui pose aussi des bases utiles pour l’avenir

Commerce de détail: recrutement à la peine

Vendeuse dans un supermarché.

Une étude de Credit Suisse met en lumière la pénurie de main-d’œuvre croissante qu’affronte le commerce de détail, peu attractif. Lignes maîtresses et réaction d’Unia