Faillite du groupe Orion: «C’est encore la collectivité qui va trinquer!»
Le groupe de construction Orion, basé à Thônex, a demandé une mise en faillite pour insolvabilité le 7 juillet, laissant sur le carreau 85 employés, renvoyés à la maison sans salaire pour le mois de juin. L’information a été révélée par la RTS et relayée dans les médias genevois, provoquant la surprise, car le groupe, créé il y a une dizaine d’années, avait l’air d’avoir les reins solides et une bonne santé financière. Les différentes sociétés qui composaient le groupe ont été dissoutes devant notaire.
Contacté par des employés, Unia a tout de suite réagi, convoquant une assemblée générale. Le syndicat accompagne certains d’entre eux dans la constitution de leurs dossiers. Une fois que la faillite sera prononcée, ils pourront se tourner vers l’Office des faillites puis vers la Caisse de chômage. Mais avant cela, il n’y a hélas rien à faire. «Les travailleurs sont suspendus à la décision d’un juge, et en plein été, nous craignons que ce soit un peu long, regrette José Sebastiao, responsable de la construction à Unia Genève. A part cela, la faillite ayant déjà été demandée mais pas encore prononcée, les moyens d’action d’Unia sont limités.»
Pour Unia, cette énième affaire de faillite dans la construction pose toujours la même question: qui va payer? «Comme d’habitude, les entreprises se déchargent sur la collectivité, c’est-à-dire sur l’Etat et les citoyens qui paient des impôts, s’indigne le syndicaliste, qui se dit peu étonné. Certains administrateurs du groupe sont connus pour être des habitués des faillites. Ils ferment des entreprises et en ouvrent de nouvelles quelques semaines après, au frais de la société et sur le dos des travailleurs. En 2024, les syndicats genevois de la construction avaient proposé au Conseil d’État un «pacte social» doté de 14 mesures dont l’une visait à lutter contre les faillites frauduleuses, mais il n’y a aucune réponse et aucune mesure adéquate prise à ce jour, donc ce genre de comportement perdure...»