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«En Valais, les conditions de travail dans la vente datent d’un autre âge»

Unia en campagne contre l'extension des horaires des magasins
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Unia avait lancé avec succès un référendum contre l'extension des horaires des magasins. Ici, lors du dépôt du référendum (image d'archive).

Unia demande au Canton de revoir le contrat-type des vendeuses et vendeurs, comme cela a été fait dans le secteur des remontées mécaniques

Deux conférences de presse simultanées, à Sion et dans le Haut-Valais, ont été organisées ce lundi par le syndicat Unia pour demander la même chose: l’amélioration des conditions de travail du personnel de vente valaisan. «Celles-ci datent d’un autre âge», déplore Blaise Carron, secrétaire régional d’Unia Valais.

Dans le Vieux-Pays, les vendeuses et vendeurs travaillent entre 43 et 44 heures hebdomadaires, enchaînant jusqu’à six jours d’affilée pendant quatre semaines consécutives. Il faut par ailleurs atteindre l’âge de 50 ans, avec dix années d’ancienneté, pour avoir droit à cinq semaines de vacances. Tout cela pour un salaire de base de 3497 francs sans qualifications, et 4003 francs avec un CFC.

«On appelle ça des salaires seulement parce qu’on est de bonne humeur», ironise Blaise Carron. Le 13e salaire, l’indexation au coût de la vie? Connais pas. «Dans ces conditions, pas étonnant qu’il soit si difficile de trouver du personnel qualifié et motivé.»

Pas plus de 42 heures par semaine

Pour le syndicaliste, il est grand temps de réactualiser le contrat-type de la vente, qui n’a pas évolué depuis 2018, sauf sur quelques points. Après avoir consulté le personnel de vente, Unia a élaboré son cahier de revendications. Celui-ci demande que le temps de travail soit limité à 42 heures hebdomadaires, incluant l’habillage et les pauses. Il exige en outre au moins un samedi de libre par mois, et qu’il ne soit pas possible de travailler six jours de suite pendant plus de deux semaines.

Quant aux vacances, le syndicat en souhaite un minimum de cinq semaines pour tous, et de six semaines dès 50 ans ainsi que pour les personnes en formation. Enfin, le salaire de base devrait être de 4500 francs par mois (personnel non qualifié), et de 5000 francs pour les détenteurs d’un CFC. Unia veut aussi qu’on introduise le 13e salaire, de même que l’indexation annuelle au renchérissement.

Parmi les autres améliorations revendiquées, citons une meilleure compensation du travail du dimanche et des jours fériés, moins de flexibilité exigée des employés, un planning communiqué trois semaines à l’avance (au lieu de deux), une meilleure couverture des assurances sociales et enfin, une extension du contrat-type aux services de la logistique et de la mise en place des rayons.

«On exige toujours plus de compétences du personnel de vente, par exemple dans le marketing, la vente en ligne ou la connaissance des langues», relève Francine Zufferey, responsable du secteur tertiaire chez Unia Valais. «Cela mérite de la reconnaissance.»

Pas davantage de dérogations pour les stations touristiques

Toutes ces conditions de travail devraient être obligatoires selon Unia, y compris dans les stations touristiques. Le syndicat ne veut plus des dérogations dont bénéficient ces dernières, hormis celles sur les horaires des magasins.

«Certaines des mesures que nous proposons ne coûtent rien, il s’agit juste de questions organisationnelles», souligne Blaise Carron. Ce cahier de revendications — soutenu par une résolution adoptée lors de l’assemblée des délégués d’Unia Valais fin avril — a été transmis la semaine dernière au Service cantonal de protection des travailleurs et des relations du travail. C’est en effet le Canton qui édicte les contrat-types de travail, après consultation des partenaires sociaux. Une pétition est aussi lancée. Elle devrait être remise à l’Etat en juillet.

Unia juge le contexte actuel propice à une refonte du contrat-type de la vente. Lors des votations de mars, les Valaisans ont dit non, à près de 65%, à la prolongation des heures d’ouverture des magasins. «Nous y voyons un fort soutien de la population au personnel de vente», déclare Blaise Carron, estimant que les vents sont également favorables du côté de l’Etat. En 2022, le contrat-type du secteur des remontées mécaniques a été revu, avec, entre autres, une augmentation des salaires. Après l'acceptation de l’initiative fédérale «Pour des soins infirmiers forts» en 2021, le Canton a aussi amélioré les conditions de travail dans la santé.

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