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Davantage de vacances pour attirer les apprentis

Gabriel Luis Da Silva en train de discuter
© Thierry Porchet

Gabriel Luis Da Silva discute du projet de «CFC maçon Génération Z» avec Pietro Carobbio, responsable de la construction d’Unia Vaud.

Dans le canton de Vaud, un projet pilote veut rendre le métier de maçon plus attractif.

Il y a deux ans, un projet pilote a été mis en place par le Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et génie civil, en collaboration avec la fondation Ecole de la construction. Il a pour objectif «de contrer l’érosion constatée et attirer de nouveaux talents au métier de maçon, réduire le saut entre école et monde professionnel et, enfin, séduire davantage la génération Z», peut-on lire sur le site de l’Ecole de la construction, le centre de compétence vaudois. Son directeur, Lionel Arlettaz, précise: «Seuls les maçons engagés dans des entreprises vaudoises volontaires bénéficient de ce projet. Ils sont environ 22 pour les deux volées en cours.» 

Trois mesures s’appliquent. La première concerne le nombre de semaines de vacances: dix en première année, huit en deuxième et six en troisième. Ce temps libre supplémentaire permet notamment aux apprentis de mieux se préparer scolairement. La deuxième mesure est l’utilisation de l’application «Magma mentor» sur leur smartphone, pour un suivi théorique personnalisé. Enfin, la troisième consiste en des cours de pratique supplémentaires, qui vont au-delà de l’ordonnance fédérale (travail en hauteur, permis de nacelle, pose de canalisations…).

«Le métier évolue constamment et rapidement. Organiser différemment l’apprentissage permet aussi de tenir compte des nouveaux modes de fonctionnement et des valeurs de la génération Z – qui a besoin de donner du sens à ce qu’elle fait – dans le respect de l’ordonnance fédérale bien sûr, souligne Lionel Arlettaz. Pour les entreprises, l’impact organisationnel est indéniable, mais elles sont conscientes de participer à la relève professionnelle.»

Se reposer et étudier

Du côté syndical, Unia demande davantage de vacances pour tous les apprentis. Face à la pénibilité du travail, Pietro Carobbio, responsable syndical du secteur de la construction d’Unia Vaud, précise: «Pour ce qui est des apprentis maçons qui bénéficient de ce projet, ces semaines de vacances supplémentaires sont importantes pour se reposer, mais aussi pour leur donner le temps d’étudier. Et, bien sûr, de réduire le saut entre l’école obligatoire et l’apprentissage.» Même écho du côté de deux apprentis, Gabriel et Flavie, sur le point de finir leur première année d’apprentissage. Ils ajoutent apprécier de pouvoir partager des vacances en famille. Flavie, l’une des rares filles à avoir choisi cette voie, qui fêtera ses 16 ans fin juin, explique: «Je voulais un métier manuel et qui bouge. Je ne savais pas que j’aurais dix semaines de vacances la première année. J’en suis très contente, car je peux partir en vacances avec ma famille. Sinon cela aurait fait beaucoup de différences avec mon frère qui est au gymnase. Cela me permet aussi de me reposer, car je dois réviser beaucoup à la maison le soir et les week-ends.»

Son camarade Gabriel, 22 ans, ajoute: «J’étais déjà très motivé, mais il est vrai que dix semaines, ça fait plaisir! Mes camarades qui n’en ont que six sont un peu jaloux. C’est une forme de reconnaissance et cela permet de garder plus facilement des liens sociaux. Passer de l’école à la vie de chantier est moins rude comme ça. Pour ma part, j’aurais eu beaucoup de peine à 15 ans…» 

Quid de la santé au travail, des ruptures d’apprentissage ou du surcroît d’attractivité de la branche? L’heure du bilan n’a pas encore sonné. «Ce projet est récent et expérimental. C’est encore trop tôt pour l’analyse. Reste que l’accueil des entreprises formatrices a été positif et le projet suscite un intérêt auprès des jeunes et des familles lors des moments d’informations», explique Lionel Arlettaz. Le projet continue et une étude va être menée après la fin de la première volée pour un premier bilan. «Les entreprises qui n’appliquent pas ces mesures et les autres métiers scrutent avec intérêt ce qui se passe. L’analyse nous permettra de savoir si ce projet se pérennise et avec quels aménagements.»

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