Une famille frappée par la perte de deux de ses membres dans la catastrophe du vol Swissair se réfugie dans le silence.
La tragédie aérienne est restée gravée dans les esprits et a bouleversé des centaines de vies: le 2 septembre 1998, le vol Swissair 111 reliant New York à Genève s’abîme en mer provoquant la mort de ses 229 occupants. Parmi les victimes, les grands-parents de Talel Aronowicz, alors âgée de 7 ans. Vingt ans plus tard, l’enfant d’alors devenue artiste revient sur le crash. Et signe un roman graphique, Vol 111. Sous les vagues, consacré à la catastrophe. Un drame largement occulté dans sa famille, entre pudeur de la douleur et difficulté à verbaliser l’inimaginable, laissant alors au silence le soin de combler les vides et de gérer les peines...
Par le biais de dessins sobres, efficaces et délicats, optant pour une palette de couleurs différentes quand elle évoque le passé, l’auteure issue d’une famille multiculturelle explore les thèmes de l’identité et les répercussions de cet accident sur plusieurs générations. Ses échanges avec les siens lui permettent d’en retracer le déroulé, de réveiller des souvenirs et de resserrer les liens qui les unissent, endommagés par les non-dits. Une démarche qui contribue à la reconstruction et aide au deuil. Vol 111. Sous les vagues constitue une enquête intime, sensible, approfondissant les échos d’un traumatisme collectif sur une famille à travers des illustrations propices à la réouverture de la parole. Un livre sur une page récente de l’histoire suisse, qui parle de résilience, d’absence, de transmission et de mémoire.

Vol 111. Sous les vagues, Editions Helvetiq, 124 p. Prix 29,90 francs.