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Le partenariat social, une tradition suisse

Qu’est-ce que le partenariat social?
En Suisse, les conditions de travail peuvent, en partie, être négociées collectivement entre les organisations patronales et les syndicats. C’est ce que l’on appelle le partenariat social. Son principal outil est la convention collective de travail (CCT), qui sert à fixer des règles communes notamment sur les salaires, le temps de travail, les vacances ou encore les indemnités. Il s’est construit progressivement, notamment avec la «paix du travail» de 1937 dans l’industrie des machines et des métaux. L’idée? Que les deux parties privilégient le dialogue social et renoncent, pendant la durée des accords, à certaines formes de conflit, comme la grève.

Comment fonctionne une négociation collective?
Les syndicats portent les revendications des salariés après les avoir sondés. Face à eux, les organisations patronales défendent les intérêts des entreprises. Les deux parties négocient, parfois lors de plusieurs séances, pour tenter de parvenir à un accord. Si elles y arrivent, celui-ci est inscrit dans une CCT et devient le cadre commun de la branche ou des entreprises concernées. Ensemble, les salariés arrivent souvent mieux à faire valoir leurs intérêts, plutôt qu’en négociant individuellement avec leur employeur. 

Partenariat social signifie-t-il forcément entente?
Pas vraiment. On peut dire que le partenariat social organise le conflit. Employeurs et salariés n’ont pas toujours les mêmes intérêts, notamment lorsqu’il est question de salaires ou de temps de travail. Le partenariat peut aussi être mis à rude épreuve lorsque des décisions sont prises sans véritable négociation, que le dialogue est rompu ou que les représentants du personnel sont écartés des discussions. Parler de partenariat social ne signifie donc pas que tout se règle toujours autour d’une table. On a pu le voir dans le secteur principal de la construction, qui a frôlé le vide conventionnel début 2026. C’est plutôt reconnaître que les conditions de travail peuvent être élaborées collectivement, par la négociation, le rapport de force et le compromis. Encore faut-il que les deux parties jouent le jeu… 

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