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La convention collective vaudoise du gros œuvre est améliorée

ouvrier de dos
© Olivier Vogelsang/archives

Unia Vaud et l'association patronale vaudoise du gros oeuvre se sont entendus pour que le travail cesse sur les chantiers à partir de 33 degrés, sans possibilité que les tâches soient effectuées au frais.

Les partenaires sociaux ont adopté un plan canicule. De plus, les apprentis maçons auront dix semaines de vacances en première année.

Ce n’est pas tous les jours qu’on croise des patrons dans les locaux d’Unia. Ce lundi 5 octobre, à Lausanne, deux de leurs représentants se trouvaient pourtant dans les murs du siège vaudois du syndicat pour une conférence de presse où les partenaires sociaux ont présenté ensemble les nouveautés de la convention collective de travail (CCT) cantonale de la branche. Unia Vaud et le Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et du génie civil ont en effet conclu un accord pour améliorer ce texte, qui vient compléter la Convention nationale (CN) signée en début d’année (sans pour autant en faire partie). Comme celle-ci, il sera valable six ans.

33 degrés, une limite

Les nouvelles dispositions, inédites en Suisse, concernent la formation (lire encadré) et les mesures à prendre lors des vagues de chaleur. A propos de la canicule, sujet qui a fait couler beaucoup d’encre – et de sueur! – cet été, le canton de Vaud est actuellement le seul à être doté d’un fonds d’indemnisation des heures non travaillées en cas de fortes chaleurs. Désormais, les partenaires sociaux se sont également entendus sur les critères d’interruption du travail quand le mercure s’affole. Ainsi, comme le recommande la SUVA, lorsque la température atteint 33 degrés à l’ombre et qu’il n’est pas possible d’organiser les tâches pour que le travail s’effectue au frais, le chantier doit s’arrêter et l’entreprise peut se faire indemniser pour une partie des heures perdues.

Cela se fait grâce au Fonds santé et sécurité des institutions vaudoises de la construction (IVC). Celui-ci n’a plus besoin de démontrer son utilité, puisqu’en 2026, plus de 1,1 millions de francs d’indemnités ont déjà été versés pour plus de 4000 travailleurs et travailleuses employés par 122 entreprises. Soit un montant trois fois plus élevé qu’il y a cinq ans. Le fonds est aussi prévu pour les situations d’intempéries hivernales, mais cette année, les 90% des sommes qui ont été attribuées jusque-là concernaient la canicule estivale. Plus de 72% des entreprises bénéficiaires sont actives dans le gros œuvre. 

Loi sur le chomâge à modifier

«Ça, c’est ce que les partenaires sociaux peuvent faire dans les limites de leurs pouvoirs, souligne Pietro Carobbio, responsable du secteur construction à Unia Vaud. Mais d’autres mesures nécessaires sont du ressort des autorités cantonales ou fédérales.» Les représentants des patrons et le syndicat ont donc émis une liste de revendications à leur intention. L’une d’elles a trait à une autre possibilité d’indemnisation qui existe en cas d’intempéries – par le biais de l’assurance-chômage – mais dont les critères sont trop restrictifs. «Il faudrait modifier la loi sur le chômage car les entreprises ne peuvent en bénéficier qu’à partir de demi-journées non travaillées, pas moins, explique le syndicaliste. Donc si le travail s’est juste arrêté deux heures plus tôt que prévu, ce qui arrive souvent, ce ne sera pas couvert par le chômage.» Il y a deux ans, cette proposition avait déjà été rejetée par le Parlement fédéral, à deux voix près, mais les partenaires sociaux estiment qu’il faut relancer l’idée.

Jean-Luc Jaquier, président du Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et du génie civil, précise que cet été, «aucune des entreprises de gros œuvre ayant dû suspendre les travaux à cause de la canicule n’entrait dans ce critère de la demi-journée.» Or, ajoute-t-il, pouvoir faire davantage intervenir l’assurance-chômage permettrait de moins solliciter le Fonds santé et sécurité, qui est financé par l’Etat de Vaud, les entreprises et les salariés.» De plus, les travailleurs temporaires n’ont pas accès à ce fonds, raison de plus pour faciliter le recours au chômage.

Autre revendication: qu’il soit possible, lors de fortes chaleurs, de déroger aux horaires de chantier pour commencer le travail à 6h du matin et non à 7h, afin de pouvoir finir plus tôt. «Les règles actuelles ne sont pas claires et dépendent beaucoup des communes, regrette Pietro Carobbio. Il faudrait qu’une autorité cantonale décide quand ce type de dérogation est possible.» Enfin, les partenaires sociaux considèrent que les maître d’ouvrages ne devraient plus pouvoir infliger d’amende à une entreprise lorsque le délai d’achèvement du chantier a été dépassé à cause d’une suspension des travaux liée aux intempéries. «Pour préserver la santé des travailleurs, il faut enlever cette pression sur les entreprises», lance Pietro Carobbio.

Plus de vacances pour les apprentis

L’autre nouveauté introduite dans la convention collective vaudoise du gros œuvre concerne la formation. Le but étant de renforcer l’attractivité de la branche pour les jeunes. Le projet pilote «Génération Z», lancé en 2024 par les entreprises vaudoises du gros œuvre, est dorénavant intégré à la convention collective de la branche. Sa principale mesure est de porter le nombre de semaines de vacances pour les apprentis maçons à dix la première année, puis, de manière dégressive, à six la dernière année. Actuellement, les apprentis n’ont droit qu’à cinq semaines dès le premier jour de formation. En contrepartie, ils devront – sur ce temps de vacances supplémentaire – suivre une formation en ligne dopée à l’intelligence artificielle, à raison de 10 à 15 minutes par jour via leur ordinateur ou leur smartphone. En deux ans, le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage a doublé dans le canton, sans doute en partie grâce au projet «Génération Z». 

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