La neutralité suisse dans les urnes
Que demande l’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse»?
Elle veut inscrire dans la Constitution une neutralité «perpétuelle et armée». Pour ce faire, elle prévoit que la Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou de défense, sauf si elle est directement attaquée. Le texte interdit également au pays de participer à des sanctions non militaires contre un Etat en guerre. Les seules sanctions qui seraient compatibles avec une véritable neutralité sont celles décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Quels sont les arguments des initiants?
Lancée par l'association Pro Suisse avec le soutien de l'UDC, l'initiative estime que la neutralité a été affaiblie ces dernières années. Ses auteurs jugent que la reprise des sanctions de l’Union européenne contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine a remis en cause la crédibilité de la Suisse comme Etat neutre. Selon eux, une neutralité plus stricte renforcerait la sécurité du pays, préserverait son indépendance vis-à-vis des grandes puissances et garantirait sa capacité à offrir ses bons offices, comme la médiation ou la représentation d'intérêts étrangers.
Pourquoi le Conseil fédéral s'y oppose-t-il?
Ce dernier recommande de rejeter l'initiative sans lui opposer de contre-projet, estimant qu'elle rendrait la politique étrangère suisse trop rigide. Le Conseil fédéral dit être convaincu de la valeur de la neutralité pour la Suisse, mais il défend la pratique actuelle, qui lui laisse une marge de manœuvre pour adapter cette neutralité aux crises internationales. Selon lui, inscrire des règles aussi strictes dans la Constitution limiterait la capacité de la Suisse à défendre ses intérêts, à coopérer avec ses partenaires et à réagir aux évolutions de la situation mondiale. Le gouvernement craint aussi qu'une interdiction quasi générale des sanctions n'affaiblisse la crédibilité internationale de la Suisse et ne réduise son influence diplomatique. Les électeurs sont appelés à se prononcer le 27 septembre prochain.