Sur Fribourg, la menace de douloureuses coupes budgétaires
Les coupes budgétaires interviennent alors que le canton de Fribourg a dégagé en 2025 un excédent de 107,2 millions de francs.
Le 26 avril prochain, la population doit se prononcer sur une loi cantonale prônant l’austérité. Un coup de sabre dans les prestations sociales et l’engagement environnemental que combattent syndicats, gauche et associations.
La population du Canton de Fribourg fera face à un choix crucial le 26 avril prochain. Dans les cabines de vote, elle devra se déterminer sur l’avenir de la loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE), qui prévoit de multiples coupes dans le budget, touchant plusieurs domaines allant de l’administration publique aux prestations sociales de toute sorte. Adopté en 2025 par la majorité bourgeoise du Grand Conseil, le dispositif est un élément central du Programme d’assainissement des finances de l’État (PAFE), soutenu par le Conseil d’État ainsi que par Le Centre, l’UDC et le PLR. Plus de 80 mesures d’économie y sont alignées, dont une petite vingtaine a nécessité l’élaboration d’une loi ad hoc par le Grand Conseil, celle qui sera précisément soumise à l’appréciation du peuple.
Finances en bonne santé
La ligne budgétaire en question est celle d’une austérité que combattent les partis de gauche, les syndicats et plusieurs associations. Si acceptée, la loi aura des répercussions directes notamment sur le financement du domaine de la santé – en particulier pour l’Hôpital fribourgeois (HFR) –, sur le soutien aux crèches, sur les salaires de la fonction publique ou encore sur le soutien aux utilisateurs des transports en commun. Aux yeux des opposants, la rigueur budgétaire souhaitée par le camp bourgeois se justifie encore moins si l’on tient compte des derniers exercices annuels du canton. En 2025, celui-ci a dégagé un excédent de 107,2 millions de francs, tandis que le bénéfice cumulé durant les douze dernières années s’élève à 600 millions de francs. Les finances sont donc en bonne santé.
Il est à relever que la menace qui pèse sur la population a déjà fait descendre dans la rue des milliers de manifestants au cour de l’année 2025. En juin puis en septembre, entre 2500 et 3000 personnes avaient dit non au plan d’austérité, tandis que, le 1er octobre, la journée d’action et de grève de la fonction publique avait mobilisé 4000 manifestants.
Au front du «non» s’est ajouté, depuis quelques jours, l’appel lancé par plusieurs acteurs politiques et associatifs sensibles à la cause environnementale. De Pro Natura au WWF, de la Grève du climat à Ag!ssons, des Grands-parents pour le climat à Pro Vélo, en passant par Les Vert-e-s, une vaste coalition dénonce le désengagement du canton face aux urgences climatiques et écologiques. Car les coupes touchent également des domaines sensibles tels que les transports publics, la mobilité douce, l’agriculture durable, les jeunes forêts ou encore la protection de la biodiversité. L’adoption de la LAFE mettrait en grand danger la réalisation des objectifs fixés par une autre loi, celle sur le climat. Celle-ci prévoit zéro émission nette dans le canton dès 2050.