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Des archives pour mieux comprendre le monde

Le Collège du travail et les Archives contestataires lancent une pétition réclamant un soutien public accru pour mener à bien leur mission.

Assurer l’avenir: voilà la raison qui a motivé le Collège du travail et les Archives contestataires à lancer une pétition réclamant davantage de fonds publics. «Ces institutions, qui partagent des locaux communs et mènent des projets jumeaux, ont respectivement besoin de 40 000 francs et de 65 000 francs supplémentaires par an pour stabiliser leurs activités», chiffre Patrick Auderset, du Collège du travail. Aujourd’hui, seule la Ville de Genève subventionne les deux structures à hauteur chacune de 40 000 francs annuellement. Le Canton n’a jamais répondu à leurs requêtes de soutien financier. Une situation qui les place dans une posture précaire, sachant encore que les demandes de versements d’archives de la part d’associations ou de personnes individuelles se révèlent en hausse. Mais qui, faute de moyens suffisants, ne peuvent être traitées. Alors que les collectes ont déjà permis de réunir plus de «200 mètres linéaires de documents, 3000 brochures et périodiques, un millier d’heures d’archives sonores» provenant d’une centaine de particuliers et d’associations – militants, syndicats, etc. Un matériel sauvé de l’oubli, voire de la destruction. 

Préserver la mémoire des luttes
«Nous sommes les seuls à préserver ces documents et ces témoignages enregistrés relatifs à l’histoire ouvrière et aux mouvements sociaux. On ne les trouve guère dans les archives publiques qui, elles aussi, se révèlent débordées et n’arrivent pas à les absorber», complète Patrick Auderset, tout en soulignant les compétences spécifiques nécessaires à leur valorisation. «Nous avons à cœur de rendre ces archives accessibles au public à travers l’organisation de rencontres-débats, projections, conférences, etc. C’est beaucoup de travail.» Le passionné met encore en avant la pertinence de la mission: «Il s’agit de préserver la mémoire de luttes sociales, de conditions de vie des ouvriers pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et contribuer aux combats actuels et aux batailles contre la régression d’acquis. Ces archives participent également de la vie démocratique en représentant différents courants d’opinions.» Si elles concernent essentiellement Genève, le représentant du Collège du travail note que l’activité rayonne plus largement. Et vient enrichir l’offre d’autres institutions similaires, notamment dans le canton de Vaud. 

Un public varié
Quant au public-cible, il s’avère varié. «Beaucoup de jeunes chercheurs et d’étudiants consultent ces documents. Un intérêt partagé par les écoles du secondaire pour qui nous organisons régulièrement des ateliers de découverte d’archives.» Les férus d’histoire genevoise figurent aussi parmi les usagers. Enfin, les actions de valorisation ponctuelles trouvent des résonances dans les milieux touchés par les thématiques mises en avant. Comme celle consacrée aux travailleuses et aux travailleurs saisonniers qui a rassemblé des enfants, des proches ou encore des militants concernés par la question. A l’audience croissante d’événements publics s’ajoute encore un nombre d’heures de consultation des documents en salle de lecture en progression. Selon les responsables, celui-ci a été multiplié par deux.
Plusieurs centaines de personnes ont déjà signé la pétition qui sera déposée fin mai, à l’intention du Grand Conseil genevois et du Conseil municipal de la Ville de Genève. 
«Un engagement public conséquent est désormais indispensable: il est temps que la conservation des documents issus des mouvements sociaux et de la société civile reçoive un financement public durable pour constituer un véritable pôle d’archives sociales basé à Genève», demandent les pétitionnaires, soucieux de préserver la mémoire de Genève et de faire rayonner son histoire!

Signer la pétition ici

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