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Focus sur les notions clés du monde du travail

coupe de champagne
© Thierry Porchet / image d’illustration

On apprend par exemple dans le documentaire que, en 1991, le salaire moyen des PDG de l’Organisation de coopération et de développement économiques était 113 fois supérieur au salaire le plus bas de l’entreprise. En 2001, le ratio était passé à 449 fois.

Une série documentaire décortique les grands concepts de l’économie sur la base d’entretiens avec une vingtaine de chercheurs. Une enquête pour mieux comprendre notre société.

Quelle est la différence entre les mots «travail» et «emploi»? A quoi correspond un salaire? Comment est défini le capital, de Karl Marx aux économistes libéraux? Dans Travail, salaire, profit, une série documentaire diffusée sur ARTE et réalisée par Gérard Mordillat et Bertrand Rothé, on plonge au cœur des grands concepts du monde du travail et de l’économie. La série se décompose en six épisodes qui décortiquent le travail, l’emploi, le salaire, le marché, le capital et le profit. Six thèmes qui nous sont d’apparence familiers, car omniprésents dans le débat public, mais dont le sens est souvent réduit à des évidences ou à des formules toutes faites.

Pendant plus de cinq heures, pas moins de vingt et un experts des quatre coins du monde et issus de disciplines variées, comme l’économie, la sociologie, l’histoire, la philosophie ou l’anthropologie, apportent leurs lumières lors d’entretiens face caméra. Une voix off se limite à des interventions ponctuelles et les images d’illustration sont quasi inexistantes. Les analyses sont parfois convergentes, et d’autres fois contradictoires, montrant aussi la réalité des tensions dans le domaine entre performance économique, conditions de travail et cohésion sociale.

L’idée de la série n’est pas d’imposer un point de vue mais de révéler les mécanismes souvent invisibles de l’économie; rappeler que ces concepts sont le fruit d’une histoire, de rapports de force et de choix, politiques et sociaux. Que, par exemple, le travail est autant une contrainte qu’une source d’émancipation, ou encore que le salaire n’est pas seulement un moyen de rémunérer ou un outil de reconnaissance mais aussi une façon de dominer.

Bref, une série qui s’adresse à toute personne souhaitant mieux comprendre les réalités économiques qui traversent le monde du travail. 

Les dérives du capitalisme

Dans Travail, salaire, profit, le capitalisme en tant que système est toujours en toile de fond pour comprendre notre réalité actuelle. La série rappelle que, dès le XIXe siècle, le capitalisme transforme le travail en marchandise, avec la mise en place du salariat qui vient consolider le lien de subordination entre employeur et employé. Avant cela, le travail était le moyen d’assurer la subsistance de ses besoins. «En Afrique, le travail n’est pas toujours vu comme une marchandise, réagit l’économiste togolais Kako Nubukpo. Il y a encore des endroits où les gens travaillent pour leur subsistance et leur survie. On cultive ses champs pour soi, et pas forcément pour les marchés.» La série rappelle que le salariat est l’organisation la plus répandue, mais qu’il en existe d’autres. Les gens ont été au fil du temps dépossédés de leurs terres et de leurs moyens de production et de travail, pour tendre vers le salariat et en devenir esclaves. 

La question de la rémunération en fonction de la productivité est aussi soulevée, malgré le constat qu’aujourd’hui, tout augmente, sauf les salaires. L’un des experts évoque des chiffres hallucinants: en 1991, le salaire moyen des PDG de l’OCDE était 113 fois supérieur au salaire le plus bas de l’entreprise. En 2001, le ratio était passé à 449 fois. «Est-ce que leur productivité en dix ans aurait été multipliée par quatre par rapport à l’agent en bas de l’échelle?»

De la même manière, l’anthropologue David Graeber affirme que «plus votre travail aide les autres, moins on vous paie». «Ceux qui ont un travail utile comme un prof, un conducteur de bus ou une infirmière seront moins bien payés que les gens dont on ne comprend souvent pas ce qu’ils font. Ils ne contribuent pas à grand-chose, sont même parfois nuisibles, et ils sont beaucoup plus payés que les personnes dont la valeur sociale du travail est essentielle et durable.»

Pour en savoir plus, retrouvez la série documentaire Travail, salaire, profit qui est disponible en replay sur ARTE.fr jusqu’en mars prochain.

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