Genève: non à un salaire minimum légal raboté!
Les citoyens genevois devront se prononcer sur une éventuel salaire minimum légal au rabais pour les étudiants travaillant durant les vacances scolaires.
Soutenus par les syndicats genevois, un Comité unitaire contre la précarité étudiante a exprimé sa colère face à la volonté de réduire le salaire minimum pour la catégorie de personnes qu’il représente.
Pas touche au salaire minimum! Voilà le mot d’ordre du Comité unitaire contre la précarité étudiante. Le 17 septembre, ce dernier – formé d’associations d’étudiants, de partis de la gauche, écologiste et soutenu par la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) – a lancé officiellement sa campagne en faveur de la préservation du salaire minimum légal pour les jeunes aux études. Adopté en 2020 par les citoyens genevois, le tarif s’élève aujourd’hui à 24,59 francs de l’heure. Fin octobre, le Grand Conseil a toutefois modifié la Loi sur l’inspection des relations du travail (LIRT), permettant dès lors de fixer un salaire minimum dérogatoire inférieur pour les jobs d’été jusqu’à 60 jours par an. Le dernier mot reviendra toutefois aux citoyens du canton appelés à trancher la question le 8 mars dans les urnes.
75% du salaire minimum légal
«Avec la nouvelle version de la LIRT proposée et votée au Grand Conseil par la droite et l’extrême droite, les étudiants travaillant durant les vacances pourront être rémunérés en dessous du salaire minimum légal genevois: 75% de celui-ci, soit 18,44 francs de l’heure (...) et ce dès l’été 2026», a dénoncé dans un communiqué le Comité unitaire revenant sur plusieurs points jugés fondamentaux. «Il s’agit de la première tentative de la droite patronale de s’attaquer au salaire minimum légal (...) Elle s’en prend maintenant aux étudiants mais n’hésitera pas à s’attaquer à d’autres catégories, si on n’y met pas tout de suite le holà», a déclaré Davide de Filippo, président de la CGAS. De son côté, Margot Wohnlich, des Jeunes Verts, a calculé le manque à gagner pour les personnes en formation en cas d’acceptation de la révision.
Crainte de dumping
«Aujourd’hui, un salaire minimum à 100% correspond à environ 4349 francs par mois pour 41 heures hebdomadaires. Avec ce projet de loi, ce salaire sera réduit à 3182 francs par mois pendant les vacances scolaires et universitaires. Autrement dit: 1167 francs de moins, uniquement parce que la personne est étudiante. Il faudra travailler 36% de plus pour arriver au même revenu.» La crainte que la modification envisagée entraîne du dumping salarial a aussi été exprimée. Luca Califano, membre de la coordination de Solidarités et la Jeunesse solidaire: «Avec cette loi, les employeurs auront carte blanche pour évincer le personnel habituel et le remplacer par des étudiants payés 25% de moins. C’est tout bonnement la mise en place d’une sous-enchère salariale organisée et légalisée.» Zora Holzer, de la Conférence universitaire des associations d’étudiants, a évoqué les difficultés financières déjà rencontrées par cette catégorie de personnes, tous n’étant pas des «enfants à papa qui habitent chez leurs parents». La représentante du syndicat HES-SO a pour sa part fustigé un travail qui n’est plus source d’autonomie et d’épanouissement. «On nous apprend à être exploités, à dépendre des aides sociales.»
Dans ce contexte, l’alliance mise sur «une véritable levée de bouclier pour faire barrage et construire collectivement un front commun face à cette loi destructrice».