Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Nouvelle attaque contre la limitation du travail temporaire

La loi genevoise limitant le travail intérimaire à 20% sur les chantiers publics fait l’objet d’un nouveau recours de la part de Swissstaffing, qui invoque la violation de la liberté économique

Manifestement, l’association nationale de la branche du travail temporaire Swissstaffing ne supporte pas l’idée de limiter le travail intérimaire à 20% dans la construction sur les marchés publics. Dans un communiqué de presse publié le 6 mai, elle annonce s’opposer à la nouvelle loi genevoise allant dans ce sens, promulguée le 25 mars dernier, et avoir saisi la Chambre constitutionnelle d’un recours.

L’histoire se répète. Pour bref rappel: Swissstaffing avait déjà recouru en 2017 contre la révision du Règlement sur la passation des marchés publics (RPM), qui prévoyait exactement les mêmes dispositions après un consensus entre les partenaires sociaux de la branche et le Canton. Le règlement avait été suspendu, puis annulé en 2018. En effet, la Chambre constitutionnelle avait donné raison à Swissstaffing, sur la forme plus que sur le fond, selon Unia. A la suite de quoi le Conseil d’Etat a compris qu’il ne devait pas agir sur ce RPM mais sur la loi. C’est ainsi que la modification de la loi relative à l’Accord intercantonal sur les marchés publics a été avalisée par le Grand Conseil et promulguée le 25 mars.

Comme en 2017, Swissstaffing estime que cette mesure «va à l'encontre de la liberté économique garantie par la Constitution fédérale» et «affecte directement les intérêts des agences de placement, mais aussi de nombreuses entreprises genevoises actives dans les marchés publics».

Pour la faîtière, limiter le travail temporaire à 20% est une manière d’inciter les entreprises à renoncer à ce modèle économique, ayant pour conséquence de «priver les travailleurs de la liberté de choisir entre engagement temporaire ou fixe». Et de rappeler que les engagements temporaires «ne sont pas des relations de travail précaires» et que la loi et la CCT qui les régissent «garantissent une protection sociale forte».

Pour les organisations syndicales et patronales, même si elles s’attendaient à ce recours, il n’en reste pas moins regrettable. Nous reviendrons plus en détail sur la question.

Pour aller plus loin

«Le chantier est organisé par la précarité de l'emploi»

Ouvrier sur des échafaudages.

Un ordre moral se construit et se reproduit dans le monde de la construction. C’est ce que démontre Laura Galhano, sociologue et secrétaire syndicale chez Unia, dans son ouvrage «Sociologie des chantiers».

Unia Valais décerne une double «Râpe d’or»

Trois syndicalistes et un patron

Cette année, le syndicat a primé les associations patronales de la technique et de l’enveloppe du bâtiment ainsi que de la construction métallique qui ont refusé d’augmenter les salaires.

«Les contrôles n’ont pas été menés avec sérieux»

Fleurs devant l'échafaudage effondré de Malley.

Secrétaire syndical d’Unia, Jean-Michel Bruyat revient sur les conclusions du rapport d’expertise relatif à l’accident mortel de Prilly et sur la sécurité des chantiers. Interview.

Après la lutte, explication de texte pour les maçons

Ouvriers autour d'une table.

Unia fait la tournée des chantiers pour présenter aux travailleurs les mécanismes de la nouvelle Convention nationale signée entre les syndicats et le patronat. Reportage.