Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

La justice turque s’attaque à Suzan Samanci, écrivaine kurde établie en Suisse

Portrait de femme
©DR

Exilée depuis 2008, l’auteure attend désormais d’être convoquée par un juge pour une première audition.

L’auteure, qui réside depuis dix-huit ans à Genève, a été arrêtée à Istanbul puis soumise à une interdiction de quitter le territoire turc.

Les coups de force du pouvoir turc ne cessent de s’abattre sur une frange de la population du pays. De nombreux intellectuels, politiciens, militants, étudiants ou encore simples opposants en ont fait ou en font l’expérience, confrontés à des décisions de justice qui semblent arbitraires. Le dernier exemple en date est celui d’une figure établie en Suisse romande. L’écrivaine Suzan Samanci, qui réside à Genève depuis dix-huit ans, a été arrêtée il y a plusieurs jours à l’aéroport d’Istanbul, alors qu’elle se rendait dans sa ville natale, Diyarbakir. Incarcérée dans un premier temps, puis remise en liberté à l’issue d’un interrogatoire, elle est désormais soumise, sur décision d’un procureur, à une interdiction de quitter le pays.

Exilée depuis 2008, l’auteure attend d’être convoquée par un juge pour une première audition. Joint par téléphone, l’ami de longue date de Suzan Samanci et président de l’Association pour la promotion du Fonds kurde Ismet Chérif Vanly, Ihsan Kurt, note que «ce genre de procédure peut prendre beaucoup de temps, dans certains cas jusqu’à une année, avant qu’un représentant de la justice ne décide de recevoir l’accusé». Pas question, en attendant, d’obtenir l’autorisation de regagner Genève. Le dossier est aujourd’hui entre les mains de deux avocates mandatées pour assurer sa défense. Dans un avenir proche, il s’agira de répondre aux accusations dont Suzan Samanci fait l’objet.

Photos et commentaires scrutés
De quoi serait-elle précisément coupable? Ihsan Kurt évoque d’anciens commentaires publiés il y a près de sept ans sur les réseaux sociaux, dont le contenu critique n’aurait pas été du goût des autorités. De toute évidence, la justice turque les aurait conservés dans un dossier pour les faire resurgir à la première occasion. À cela s’ajoutent des photos remontant à 2023, prises lors d’une manifestation pacifique à laquelle l’accusée avait participé. Celle-ci dénonçait une nouvelle fois les dispositions du traité de Lausanne de 1923, qui a marqué la naissance de l’Etat turc moderne tout en anéantissant la promesse, formulée trois ans plus tôt, de la création d’un Etat kurde autonome.

Le cas de Suzan Samanci, comme celui de dizaines d’opposants au régime en place à Ankara, témoigne de la persistance et de l’ampleur de la répression toujours à l’œuvre dans le pays. Et ce alors même que la question kurde a connu récemment des développements importants, avec un accord qui a permis au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’annoncer, en mai 2025, sa dissolution et le dépôt des armes. 

Pour aller plus loin

Dire Oui à l’aide aux médias, c’est aussi dire Non à l’avidité du camp adverse

Affiche en faveur du oui à l'aide aux médias.

A grand renfort d’affiches, les opposants au train de mesures en faveur des médias jouent en faveur des grands groupes et des gens de pouvoir qui espèrent affaiblir la presse indépendante

Non au projet de loi antisocial du MCG

A Genève, la gauche et les syndicats invitent les électeurs à rejeter la restriction d’accès aux logements sociaux soumise en votation le 13 février

Vers un congé parental vaudois?

Le Parti socialiste a lancé son initiative pour un congé de 34 semaines à se partager entre les deux parents, pour une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle et davantage d’égalité

Place financière ou services publics, aux citoyens de choisir

Affiche de campagne.

La suppression du droit de timbre sur l’émission de capital, un impôt sur les transactions financières, est au menu des votations du 13 février