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Attaque contre les salaires minimums: les syndicats lancent un référendum

coiffure
© Thierry Porchet

Cette modification de la loi s'en prend aux plus bas salaires, dans des secteurs comme la coiffure, l’hôtellerie-restauration ou encore le nettoyage. 

L’Union syndicale suisse s’oppose au principe de contourner les salaires minimums votés aux niveaux communal et cantonal au profit des salaires conventionnels. C’est le peuple qui devrait trancher.

Ce que craignaient les syndicats est arrivé. Le 19 juin, le Parlement a décidé de faire primer les conventions collectives de travail (CCT) étendues sur les salaires minimums cantonaux et communaux. L’Union syndicale suisse (USS) a tout de suite réagi par voie de presse en confirmant le lancement de son référendum contre cette attaque qui vise, selon elle, les salaires minimums mais aussi les décisions populaires.

L’USS dénonce des salaires qui ne suffiront plus pour vivre. «Avec la décision prise aujourd’hui aux Chambres fédérales, les salaires minimums cantonaux et communaux ne s’appliqueront plus à l’ensemble des salariés, même lorsque les cantons ou les communes ont explicitement décidé le contraire, pointe le communiqué des syndicats. Les travailleuses et travailleurs touchant de bas salaires dans l’hôtellerie-restauration et le nettoyage verront leurs revenus diminuer. La mesure affectera également les employés des salons de coiffure, de la location de services, des boulangeries, des boucheries et d’autres branches à bas revenus.»

Volonté populaire bafouée
Que ce soit à Neuchâtel, Genève, au Tessin, à Zurich ou à Winterthour, le peuple a approuvé des salaires minimums applicables à l’ensemble des salariés. Manifestement, le projet qui vient d’être adopté par le Conseil des Etats et le Conseil national fait fi de ces décisions démocratiques prises aux niveaux des cantons et des communes. «Là où des salaires minimums sont déjà en vigueur, ils ne seront plus adaptés au renchérissement de manière généralisée», regrette la faîtière. Et là où il n’y en a pas, il ne sera même plus possible d’introduire des rémunérations minimales pour les salariés soumis à une CCT, même dans les grandes branches à bas salaires telles que l’hôtellerie-restauration ou le nettoyage.

Fédéralisme piétiné
Cette décision porte atteinte au fédéralisme et envoie un signal dangereux, alertent les syndicats, qui rappellent que la politique sociale et les salaires minimums destinés à combattre les basses rémunérations relèvent de la compétence des cantons et des communes. «Ce sont eux qui assument les coûts de l’aide sociale. Or à l'avenir, ils ne seront plus autorisés à adopter des mesures efficaces pour prévenir le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres. Autrement dit: Berne dicte, les cantons passent à la caisse.» Un passage en force qui «porte atteinte à l’État de droit et à la Constitution».

Où sont passés les grands discours sur le fédéralisme auxquels la majorité bourgeoise parlementaire tient tant, interroge l’USS. «Quand il s’agit de permettre aux restaurateurs et aux entreprises de nettoyage d’imposer des salaires de misère, ces nobles valeurs semblent soudain ne plus avoir cours.»

Référendum lancé
Les différentes études l’ont prouvé: les salaires minimums sont un succès. Non seulement leur entrée en vigueur ne fait pas augmenter les taux de chômage, mais ils permettent de faire disparaître petit à petit les très bas salaires. «En Suisse, les salaires doivent permettre de vivre, martèlent les syndicats. Et les décisions populaires doivent être respectées. C’est pourquoi l’USS lance un référendum contre cette attaque frontale visant les salaires minimums. Le peuple stoppera cette offensive au plus tard dans les urnes.»

Soutenir maintenant!


La collecte de signatures débutera le 30 juin. En attendant, tu peux commander la feuille de signatures et informer tes amis ici 

Pour récolter des signatures avec succès, participe au webinaire organisé par Unia le mercredi 24 juin dès 18h sur Zoom

Défendre la volonté populaire!

Le comité unitaire pour un salaire minimum légal dans le canton de Vaud a tout de suite annoncé son soutien au référendum lancé par les syndicats. Selon lui, la loi Ettlin remet en cause la récente décision populaire en faveur d’un salaire minimum cantonal applicable à l’ensemble des secteurs économiques.
«Alors que les Vaudois-es viennent de voter souverainement, le Parlement fédéral veut, moins d’une semaine après, démanteler ce qu’ils ont décidé de graver dans leur Constitution», s’indigne le comité dans un communiqué de presse.

Ce dernier considère également que la loi fédérale constitue une atteinte à l’état de droit et risque d’encourager des conventions collectives de travail (CCT) au rabais. «Elle ferait primer des contrats de droit privé […] sur des constitutions et lois votées par la population. Il est insoutenable qu’un dispositif de politique sociale soit discriminatoire et prive des salariés d’un revenu décent au simple fait de l’existence d’une convention collective, sans examen aucun de ses dispositions salariales. Cette manière de procéder menace le partenariat social et déresponsabilise les employeurs sur les conditions de vie de leurs salariés.»

Les organisations syndicales et associatives engagées dans la campagne annoncent qu’elles participeront activement à la récolte des signatures pour le référendum. Elles dénoncent par ailleurs l’influence des milieux de l’hôtellerie-restauration dans l’adoption du texte fédéral et affirment vouloir poursuivre leur mobilisation en faveur de salaires permettant de vivre dignement. MT

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