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Se former pour bien gérer les institutions de prévoyance

Aldo Ferrari
© Olivier Vogelsang

Pour Aldo Ferrari, président de l’ARPIP, chaque franc cotisé par l’employeur et par l’employé doit bénéficier aux actifs et aux rentiers, en aucun cas à des actionnaires.

L’ARPIP, Association des représentants du personnel dans les institutions de prévoyance, ouvre un nouveau cycle de formation permettant de maîtriser une mission aussi essentielle que complexe.

La gestion des institutions de prévoyance est un domaine dont la complexité apparaît immédiatement à celles et ceux qui, profanes en la matière, tenteraient de saisir ses rouages. Et c’est sans doute pour cela qu’une bonne formation des membres des conseils de fondation qui chapeautent ces entités s’avère indispensable au bon fonctionnement des institutions. Cette mission pédagogique, l’Association des représentants du personnel dans les institutions de prévoyance (ARPIP) l’assume depuis plusieurs années à travers des cycles de formation de plusieurs jours permettant de maîtriser toutes les subtilités de leur mandat.

Des allures de colosse
Au cœur de cette démarche se trouve l’exigence de transmettre aux participants une rigueur irréprochable. Aldo Ferrari, ancien vice-président d’Unia et actuel président de l’ARPIP, rappelle l’importance de cet engagement: «Notre objectif est d’offrir aux personnes siégeant dans un conseil de fondation une vision d’ensemble des enjeux, des tâches et des responsabilités auxquels elles sont confrontées. Il faut savoir qu’en cas de mauvaise gestion ou de faute, chaque membre peut être tenu légalement responsable, avec des conséquences pouvant engager son patrimoine personnel. Mais ce risque devient quasi inexistant lorsque les personnes concernées bénéficient d’un accompagnement adéquat et de programmes approfondis comme le nôtre.»

Née en 1988, dans le sillage de l’entrée en vigueur, trois ans plus tôt, de la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP) et des règlements relatifs à la gestion paritaire qui l’accompagnent, l’ARPIP a aujourd’hui pris une ampleur considérable. Elle est financée principalement par les organisations syndicales affiliées à l’Union syndicale suisse (USS). Surtout, elle rassemble des représentants des caisses de pension suisses gérant aujourd’hui quelque 1300 milliards de francs… soit près d’une fois et demie le PIB de la Suisse! «Dans le pays, on compte près de 1300 conseils de fondation, ajoute Aldo Ferrari. C’est dire si les milliers de personnes qui les composent jouent un rôle central dans la gestion paritaire de ce patrimoine.»

Proposées tous les deux ans, ces formations, qui s’étalent sur cette période, abordent des thématiques denses et variées, animées par des professionnels de référence — avocats, économistes, réviseurs ou encore consultants en placements. Ainsi, du 10 septembre prochain au 10 juin 2027, au fil de neuf journées de travail, les participants recevront notamment les outils nécessaires pour expliquer aux membres des syndicats le rôle et l’utilité de l’ARPIP. Les principaux chapitres de la LPP seront également approfondis, tout comme les notions de réassurance, les différents types de fondations et d’institutions de prévoyance. Les inscrits apprendront aussi à lire des comptes, interpréter des bilans et comprendre les contraintes légales en matière de réserves. Seront encore abordés les objectifs d’une expertise, les bilans techniques, les études de risques, ainsi que la question de l’insolvabilité. Ces programmes, et d’autres encore, régulièrement actualisés d’un cycle à l’autre, permettent également aux anciens «élèves» de se réinscrire à certains modules afin de compléter ou d’actualiser leurs connaissances.

Un bilan réjouissant

Les ambitions poursuivies par l’ARPIP à travers ces formations dépassent toutefois le strict cadre des conseils de fondation et de leurs membres. Sur ce point, Aldo Ferrari se montre explicite: «Notre objectif est que l’intégralité des bénéfices d’une caisse profite aux salariés. Chaque franc cotisé par l’employeur et par l’employé doit bénéficier aux assurés actifs et aux rentiers, mais en aucun cas à des actionnaires.» Pour concrétiser cet objectif, le président de l’association estime indispensable d’investir les capitaux avec intelligence et compétence, «sans s’aventurer sur des terrains que l’on ne comprend pas». Et d’ajouter: «Notre action s’inscrit dans les valeurs d’une assurance sociale, la LPP. Il est donc impératif qu’elle soit au service des salariés et des rentiers.»

La LPP impose aux caisses un taux de conversion de 6,8% (il définit la rente versée), un seuil pour lequel, rappelle Aldo Ferrari, Unia s’est fortement mobilisé. Aujourd’hui, les résultats sont jugés très satisfaisants par le président de l’association. En 2025, les assurés des institutions gérées paritairement par les syndicats ont bénéficié d’améliorations substantielles, tant pour les actifs que pour les rentiers, tandis que les rendements obtenus ont été tous au-delà du minimum LPP, avec une moyenne supérieure à 3,5%. Quant aux taux de couverture, ils dépassent les 120% pour plus de 90% des assurés.

Les défis qu’attend l’ARPIP pour ces prochaines années sont nombreux. Un parmi d’autres? «A mon sens, il est primordial pour nous de renforcer la collaboration avec notre homologue alémanique PK Netz, conclut Aldo Ferrari. Nous devons intensifier notre réseau afin de construire une stratégie solide à l’échelle nationale.»

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