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Attaque du PLR contre le droit du travail

Quelles sont les visées de l’initiative Burkart? Proposée sous la forme d’une initiative parlementaire, la démarche de Thierry Burkart entend apporter des amendements substantiels à la Loi sur le travail de 1964, en modifiant tout particulièrement le volet concernant le télétravail. Soumise aux débats des Chambres en 2016 déjà par celui qui était alors élu au Conseil national, la proposition a pris une nouvelle dimension avec la survenue de la pandémie de Covid et la relative intensification du travail à distance. Le politicien PLR entend depuis apporter des aménagements permettant de donner de la souplesse aux horaires de travail, en modifiant les durées de celui-ci et le temps consacré au temps libre et au repos. Validés par la Commission de l’économie et des redevances du National en 2018, les articles en question ont passé la rampe une année plus tard au sein de la Commission homologue des Etats. Depuis, les discussions se concentrent désormais sur le projet de loi, avec, en toile de fond, la menace d’un référendum avancée par les syndicats et les partis de gauche au cas où l’initiative était définitivement adoptée.

Quelles conséquences pour les salariés? Syndicats et élus de gauche n’ont cessé de souligner l’attaque que constitue cette initiative, qui promet une dérégulation de principes fondamentaux du droit en la matière. Ainsi, les employeurs pourront exiger de leurs salariés une disponibilité de dix-sept heures par jour, avec un temps de repos qui serait réduit de onze à neuf heures seulement. Les autorisations nécessaires pour imposer des dimanches de travail tomberaient en partie: les salariés en home office seraient dès lors amenés à en travailler six par année. Les contours flous de la loi feraient basculer des millions d’employés dans une zone où les limites légales seraient repoussées comme jamais auparavant. Or, des études universitaires dans le domaine de la médecine du travail réalisées à Bâle et à Genève, tout comme d’autres publications scientifiques, ont mis en relief les méfaits sur la santé du déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée. Surmenage, épuisement, dépression, pathologies cardiaques… les arguments ne manquent pas dans ce domaine pour réfuter les arguments du PLR.

Une attaque isolée? Non, la droite bourgeoise est active depuis quelques années déjà et sur plusieurs fronts, à l’échelle locale et nationale. Il en est ainsi dans le canton de Zurich, avec une initiative zurichoise estampillée PLR-UDC qui veut étendre le nombre d’ouvertures des magasins le dimanche de quatre à douze par année. Le PLR et les Jeunes du PLR maintiennent par ailleurs leur volonté de faire passer l’âge de la retraite à 67 ans, alors que le peuple a nettement refusé ce scénario par le vote. Enfin, la motion portée par le conseiller aux Etats Erich Ettlin entend faire tomber les salaires minimums cantonaux, là où ils sont appliqués, pour donner la primauté aux accords signés dans les CCT.