La Grève du climat, avec d’autres collectifs, appelle à la désobéissance civile pacifiste

Face à l’inaction des gouvernements et des acteurs économiques, les mouvements écologistes intensifient leur lutte. En Suisse, la Grève du climat, Extinction Rebellion, Collective Climate Justice et Breakfree renforcent leurs liens à l’occasion d’une série d’actions de désobéissance civile non violente en septembre afin de «faire émerger un nouveau système». Lors d’une conférence de presse le 11 août dernier, cinq représentantes des différents collectifs ont rappelé que la crise du climat est beaucoup plus grave que la majorité des gens ne le pensent. Se fondant sur les données scientifiques, les activistes ont expliqué qu’il s’agit de la question de «l’habitabilité de l’écrasante majorité des êtres et des organismes vivants sur Terre», car les points de bascule climatiques, «tels que le dégel précoce du permafrost en Sibérie, la fonte rapide des calottes glaciaires au Groenland et dans l’Arctique, ou le défrichement massif de la forêt tropicale amazonienne», créent une spirale de réchauffement incontrôlable: «Si un certain point est dépassé, ces systèmes s’effondrent irrémédiablement. Une fois que le permafrost a dégelé, par exemple, il est impossible de revenir en arrière et les vastes quantités de gaz à effet de serre qui y sont stockées sont libérées du sol vers l’atmosphère. Ces émissions déclencheront à leur tour un autre point de bascule…»

Manifestations et blocages

Pour les mouvements écologistes «une infime minorité de puissants s’est enrichie au fil des siècles aux dépens des êtres humains, des animaux et de l’environnement». Après plus d’une année et demie de mobilisation, il est temps pour eux de «redéfinir notre société afin qu’un avenir écologique et social viable soit possible». Pour ce faire, après des grèves et des manifestations décentralisées (Covid oblige) partout en Suisse le vendredi 4 septembre, les collectifs appellent à cinq jours de désobéissance civile de masse non violente à Berne. Pendant la session parlementaire, du 20 au 25 septembre, des ateliers, des discussions et diverses activités sont prévus afin d’aborder les mesures concrètes à prendre pour atteindre un bilan carbone neutre d’ici à 2030 et un monde écologiquement et socialement juste. Intitulé «Debout pour le changement», le mouvement veut prouver qu’un monde meilleur est possible. Et de conclure: «Pour certaines et certains, cela peut sembler utopique et la situation peut paraître désespérée. Mais le désespoir est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. La science dit clairement que nous pouvons encore y arriver, mais nous serons la dernière génération à pouvoir encore éviter le pire. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui tout le monde à se joindre à nous. Parce que nous n’avons plus rien à perdre et tout à gagner.»

Informations sur les actions sur: riseupforchange.ch

De la désobéissance civile

Changer la conscience politique et faire pression sur les puissants est l’objectif de la désobéissance civile. Les collectifs écologistes se basent sur des mouvements puissants tels que la marche du sel de Gandhi (1930), le boycott des bus de Montgomery à la suite de l’arrestation de Rosa Parks (1955) ou encore l’occupation de la centrale nucléaire de Kaiseraugst (1975). Sur leur site, ils citent également le philosophe suisse Hans Saner: «Reconnaissant que dans toutes les démocraties peuvent se produire des conflits qui n’ont pas été prévus et qui ne peuvent donc pas être résolus pour le moment en raison des institutions existantes, la désobéissance civile pourrait être justifiée comme un correctif extraconstitutionnel à la pratique politique.»