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Pour une industrie genevoise forte

CIG
© Thierry Porchet

A Genève, le secteur secondaire représente environ 27 000 emplois et près de 12% du PIB cantonal. Syndicat, patronat et Etat reconnaissent l'importance d'unir ses forces pour le préserver.

Unia et les représentants patronaux ont présenté leur Conseil de l’industrie genevoise, une instance paritaire inédite en Suisse qui veillera à protéger les emplois et à renforcer le secteur.

C’est une première en Suisse. Le 28 avril, les principales organisations patronales de l'industrie genevoise et le syndicat Unia ont officiellement présenté leur Stratégie industrielle 2032, portée par le tout nouveau Conseil de l'industrie genevoise (CIG). Pour l’occasion, ils ont convié les médias en grande pompe au dernier étage de la tour de la Fédération des entreprises romandes, avec une vue imprenable sur la ville. Cette instance paritaire, fruit de plusieurs mois de travail acharné, a pour objectifs d’anticiper les mutations économiques, de protéger les emplois industriels et de renforcer durablement la compétitivité du secteur au bout du lac.

«L'industrie genevoise se trouve aujourd’hui à un carrefour», a déclaré Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève et artisan du projet. Pilier essentiel de l'économie locale, représentant plus de 27000 emplois, près de 12% du PIB cantonal et 20 milliards de francs de biens exportés à l’étranger, l’industrie est face à des défis majeurs. Tensions géopolitiques, hausse des droits de douane, franc fort, pénurie de main-d'œuvre qualifiée et transitions énergétique et numérique: Sur le terrain, poursuit le responsable syndical, cela crée beaucoup d’anxiété chez les travailleurs et les travailleuses, et la menace des restructurations pèse. «Jusqu’ici, il n’y avait pas de vraie structure pour défendre les intérêts du secteur de manière dynamique, souligne Livio Elia, président de l’association patronale Union industrielle genevoise. Notre ambition commune est de combler ce manque. Ce n’est pas une déclaration d’intention mais un véritable plan d’action.»

Une gouvernance inédite
Constitué en décembre 2025, le CIG réunit, sur une base paritaire, les représentants des employeurs et des salariés. Une structure unique à Genève qui fédère l’ensemble des acteurs du secteur, dont les décisions devront être prises à l'unanimité, garantissant ainsi un large consensus. L'Etat, les hautes écoles et plusieurs acteurs économiques seront également associés aux travaux, ce qui explique la présence de la conseillère d’Etat Delphine Bachmann à la conférence de presse. Ainsi, le CIG entend devenir l'organe de référence du dialogue social dans l'industrie genevoise.

La stratégie s'articule autour de trois axes majeurs. D’abord, la cartographie du tissu industriel genevois pour mieux cerner les enjeux. Ensuite, le maintien des savoir-faire et des emplois face aux chocs économiques et, enfin, la valorisation de l’industrie afin de captiver de nouveaux investissements et renforcer son attractivité.
Concrètement, parmi les premières actions annoncées figure la création d'une cellule de crise paritaire, activable immédiatement en cas de licenciements collectifs. «Cette structure disposera d'une boîte à outils mobilisant aides publiques, reconversion professionnelle ou chômage partiel, détaille Yves Defferrard. Etre un seul et même interlocuteur nous permettra d’être plus fort et plus crédible pour agir plus vite et plus fort.»

Autre chantier prioritaire: l'élaboration d'une analyse détaillée des entreprises industrielles dans le canton, afin d'identifier les compétences stratégiques, les dépendances critiques et les secteurs à fort potentiel. «Derrière chaque emploi industriel, il y a une personne, et notre engagement est pour ces personnes, ajoute Yan Giroud, responsable de l’Industrie à Unia Genève. Notre responsabilité sera de placer l’emploi au centre et de construire une image positive des métiers de l’industrie afin d’offrir des carrières pérennes et attractives.»

Etat partenaire
Le CIG insiste: il ne s'agit pas d'une politique industrielle dirigiste, mais d'une stratégie volontaire, élaborée par les partenaires sociaux eux-mêmes, qui converge avec la Stratégie économique cantonale Genève 2035. D’où le soutien de l’Etat, et notamment du Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie. «Plus qu’une association, il s’agit d’un acte de confiance entre les partenaires sociaux et envers les institutions, avec la volonté de travailler ensemble pour atteindre les mêmes objectifs», a salué Delphine Bachmann, qui espère que ce projet, avant-gardiste, fera des petits dans d’autres cantons.
A travers cette initiative, Genève entend préserver sa base industrielle tout en lui donnant les moyens de relever les défis des prochaines décennies. Une ambition résumée par le slogan du CIG: «En structurant le dialogue aujourd'hui, nous protégeons les emplois de demain.» 

Unia fier du travail accompli

Silvia Locatelli, membre du comité directeur d’Unia en charge de l’Industrie, a fait le déplacement pour saluer le travail de fond construit à Genève. Pas moins de trois mois de travail ardu, avec l’aide de quarante experts. «Ce CIG traduit une ambition forte, basée sur le dialogue social, qui permet de se projeter collectivement vers l’avenir. C’est exactement ce dont la Suisse a besoin, afin que l’industrie reste vivante et le cœur de notre pays.» Et d’espérer que cette démarche inspirera les autres cantons… MT

Une vidéo de Virginie Zimmerli.

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