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Les travailleurs de la construction approuvent l’accord entre syndicats et patrons

Manifestants avec banderoles
© Olivier Vogelsang

En octobre et novembre, plus de 15 000 maçons avaient fait la grève dans toute la Suisse, comme ici, lors de la manifestation romande du 4 novembre à Lausanne.

Ce 24 janvier, les délégués d’Unia ont validé la nouvelle Convention nationale des maçons, obtenue de haute lutte après des mois de mobilisation. Le débat en assemblée a toutefois été intense.

Cette fois, c’est officiel! Le secteur principal de la construction dispose enfin d’une nouvelle Convention nationale (CN), qui est valable durant six ans. Réunis en conférence de branche ce 24 janvier, les délégués d’Unia ont approuvé à leur tour, après ceux de Syna, l’accord avec la Société suisse des entrepreneurs (SSE), décroché in extremis le 12 décembre, au terme d’un conflit social de plusieurs mois dans toute la Suisse. De leur côté, les patrons s’étaient déjà prononcés favorablement en décembre.

La nouvelle CN permet donc d’éviter le vide conventionnel – synonyme de sous-enchère salariale – la précédente étant arrivée à échéance fin décembre. Il faudra cependant patienter encore un peu avant qu’elle soit déclarée de force obligatoire par le Conseil fédéral, la procédure pouvant prendre de deux à trois mois pour que toutes les entreprises du secteur, sans exception, y soient soumises. «Les parties contractantes y travaillent d'arrache-pied», indiquent Unia et Syna dans un communiqué commun.

Nette majorité
Les syndicats soulignent que, lors de leurs assemblées respectives, les travailleurs de la construction ont discuté intensément du résultat. «Les améliorations obtenues ont été largement saluées, mais plusieurs voix ont critiqué la longue durée de la convention», notent les syndicats. D’ordinaire, les conventions collectives de travail (CCT) sont en effet valables pour quatre ou cinq ans. Mais en contrepartie à une durée conventionnelle plus longue, les syndicats ont obtenu la compensation automatique du renchérissement jusqu’à 2% par an.

«Des questions ont également été posées concernant la mise en œuvre des nouveaux horaires de travail. Divers intervenants ont en outre rappelé que des solutions restaient nécessaires pour le travail par forte chaleur et par mauvais temps, ainsi que pour une application plus efficace de la CN.» Mais c’est finalement à une nette majorité que les délégués d'Unia et de Syna ont validé le résultat des négociations. 

Pour rappel, il a fallu dix rondes de pourparlers et des mouvements de grève réunissant plus de 15 000 travailleurs dans tout le pays cet automne avant de parvenir à un accord avec le patronat. La nouvelle CN contient plusieurs améliorations en matière d’horaires de travail, de temps de trajet et de pouvoir d'achat, ce qui contribue à rendre la branche de la construction plus attractive et à lutter contre la pénurie de main-d'œuvre qualifiée.

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