Les nettoyeuses fribourgeoises déterminées à améliorer leur CCT
Près de 20 000 personnes sont soumises à la convention collective de travail du secteur du nettoyage en Suisse romande.
La première assemblée fribourgeoise des travailleuses du nettoyage s’est tenue samedi 3 octobre. Le personnel veut s’investir dans les négociations à venir.
C’est ce qu’on appelle un départ réussi. Le samedi 3 octobre, Unia Fribourg organisait la première assemblée cantonale des travailleurs et des travailleuses du nettoyage. Plus d’une dizaine de nettoyeuses – actives dans des milieux très différents – ont répondu présent à l’appel du syndicat, ce qui réjouit Edy Zihlmann. «Nous sommes très heureux de l’affluence pour cette première rencontre, assure le secrétaire syndical. C’est le fruit du travail mené par Unia Fribourg sur le terrain. Le taux de syndicalisation dans la branche est lui aussi en hausse. Il est normal que cela prenne un peu de temps pour mobiliser plus largement lors d’une assemblée, mais les travailleuses qui sont venues sont déterminées.»
Une volonté qui sera primordiale pour faire valoir les revendications des salariées de la branche, alors que de grandes échéances approchent. La convention collective de travail (CCT) romande arrivera à échéance d’ici à fin 2028. Mais dans le nettoyage, on s’y prend à l’avance! L’année 2027 sera donc consacrée aux négociations. C’est pour cela qu’il est important pour Unia de connaître les problèmes rencontrés par celles qui sont sur le terrain et de pouvoir établir leurs priorités.
Sondage romand
Un sondage a d’ailleurs été lancé pour permettre aux nettoyeuses romandes de s’exprimer. Les résultats définitifs de cette consultation seront dévoilés lors de la conférence professionnelle romande qui se tiendra en novembre à Lausanne. «Grâce à l’assemblée du 3 octobre, les travailleuses et les travailleurs fribourgeois seront représentés lors de cette réunion romande, indique Edy Zihlmann. La délégation cantonale veut s’investir pour préparer la campagne et établir le cahier de revendications en vue des négociations de l’année prochaine. Un groupe solide s’est formé et nous allons organiser plusieurs rencontres pour le faire grandir. L’objectif sera à la fois d’informer les employées sur l’avancement des négociations pour la CCT et de déterminer quelles sont les actions que l’on peut mener localement.»
Lors de l’assemblée fribourgeoise, les premiers résultats partiels issus du sondage romand ont été dévoilés. Sans surprise, la rémunération est le premier des soucis. «Les salaires dans la branche sont trop bas, développe Edy Zihlmann. Ça correspond aussi à ce que l’on remarque sur le terrain, à Fribourg. Au-delà du salaire brut, les questions d’horaires préoccupent particulièrement. Cela concerne des cas où les heures supplémentaires ne sont pas payées ou, au contraire, où on retire du travail qui avait été promis – et donc le salaire qui allait avec.» Or, même si ces heures n’ont pas été travaillées, elles sont dues par l’employeur, car la nettoyeuse a organisé son agenda en fonction de cette mission.
Les problématiques soulevées par les participants au sondage ne concernent pas uniquement les aspects salariaux. «Ce dont on se rend compte, c’est que les nettoyeuses ne se sentent pas du tout valorisées dans leur travail, note le secrétaire syndical d’Unia Fribourg. Leur travail n’est pas respecté, alors qu’il s’agit d’une tâche essentielle.» Ce respect, les personnes actives dans le nettoyage iront le chercher unies tout au long de l’année 2027. Et cette première assemblée fribourgeoise, tout comme l’assemblée générale vaudoise qui a réuni près de 300 personnes à Lausanne en juin, montre que les nettoyeuses sont prêtes à se mobiliser.