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Le combat pour rendre un peu d’éclat au métier de nettoyeuse débute

Une femme en maillot de foot
© Thierry Porchet

Malgré l’ambiance de fête, cette assemblée générale est très importante pour les 7000 nettoyeuses du canton qui aspirent à de meilleures conditions de travail.

La négociation pour le renouvellement de la convention collective a permis de faire le point, en assemblée générale à Lausanne, sur les conditions de ces travailleuses de l’ombre.

L’ambiance est festive à la Maison de quartier de Chailly, ce dimanche 14 juin. Mais la paella et les musiques latines n’enlèvent rien à l’importance du moment pour les près de 300 personnes présentes. La Convention collective romande du nettoyage arrive à échéance à fin 2028. En 2027, les syndicats et les patrons se réuniront pour négocier les nouveaux termes de l’accord. Et c'est donc dès maintenant qu'Unia consulte les travailleuses pour connaître leurs revendications.

«Le salaire, c'est le plus important, assure Mercedes Chilàn, nettoyeuse de 47 ans, qui jongle avec trois emplois. Et il n'y a pas que le salaire brut: quand on fait des horaires hachés, il y a des droits qu'on a en moins. On doit souvent dépasser les heures prévues pour terminer notre ménage, mais ce temps de travail supplémentaire est rarement payé. Nous ne sommes pas considérées, donc on a le minimum du minimum.»

Le syndicat, soutien face au déracinement

Après le repas, c'est l'heure de l'AG. «On compte sur votre mobilisation. Plus vous êtes nombreuses, plus on pourra négocier de bonnes conditions de travail pour vous, explique Ulysse Goël, responsable de la branche à Unia Vaud. C'est pour ça qu'on vous a préparé un sondage. On a besoin de savoir quelles sont vos revendications avant d'aller négocier.» Le lien entre syndicalistes et travailleuses dépasse la simple représentation. «On trouve à Unia des gens qui nous soutiennent beaucoup, confie Enrique Valle, Péruvien de 59 ans. C'est aussi un appui moral. Ici, on n’a pas de famille, pas de connaissances. C’est important d’avoir ces liens-là, car ce n’est qu’ensemble qu’on peut obtenir plus de justice.»

Le participant, qui travaille depuis six ans dans le nettoyage, est attablé avec trois autres collègues: Monica Castellanos, Merlin Martinez et Mileybi Castillo. Ils sont venus pour s’informer sur la prochaine CCT, mais aussi pour confraternizar et s’échanger quelques tuyaux. La discussion dévie rapidement sur les problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement. «Notre travail n’est pas valorisé, s’insurge Monica Castellanos. On le voit à l’équipement qu’on nous fournit, souvent défectueux. On ne peut pas bien travailler dans ces conditions.» Mais pour eux, le vrai souci est la sécurité. «Il m’est arrivé d’avoir un problème alors que je travaillais tard le soir, se souvient Merlin Martinez. Mais aucun supérieur ne répondait à ces heures…»

Les nettoyeuses doivent donc prendre des décisions elles-mêmes pour finir le travail à temps, mettant leur santé en danger. «On est de moins en moins pour nettoyer des espaces toujours plus grands, témoigne Marcia Paladinoz, 46 ans. C’est fatiguant, c’est stressant et on force sur nos corps. Il faut que le travail demandé soit proportionné aux heures qu’on nous paie.»

Un minimum, quand on connaît les conditions de ce métier. «Je termine le travail à 20h, indique Maria Campoverde, treize ans d’expérience dans le nettoyage en Suisse. Après je dois encore manger, m’occuper des enfants et, le lendemain, je recommence le ménage entre 6h et 7h du matin. C’est difficile, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi.»

Les nettoyeuses ont jusqu’à l’automne pour remplir et faire remplir le sondage d’Unia Vaud. Les résultats seront communiqués aux travailleuses lors de la prochaine AG de la branche, le 25 octobre.

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