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Le projet d’initiative contre les licenciements prend forme

homme à la tribune
© Thierry Porchet

Président d’Unia Genève, Xavier Henauer avait défendu, avec succès, la proposition de lancer une initiative pour une vraie protection contre les licenciements à la tribune du Congrès d’Unia, en mars de l’année dernière (photo), puis à celle du Congrès de l’USS en novembre.

L’initiative pour une protection étendue contre les licenciements était au programme de la dernière journée de formation et d’échanges d’Unia Genève

Organisée le 11 mars dernier, la «Journée des militantes et des militants» d’Unia Genève a remporté un certain succès, puisqu’une cinquantaine de membres y ont participé, sans compter les permanents syndicaux. Trois ateliers de formation, d’échanges et de réflexion étaient proposés: la grève des femmes du 14 juin, l’initiative contre les licenciements et l’initiative «1000 emplois».

Déposée par les syndicats et soutenue par les partis de gauche, l’initiative «1000 emplois» est au menu des votations genevoises du 18 juin. Elle propose la création de mille emplois supplémentaires par an chaque fois que le taux de chômage moyen de l’année précédente est de 5% dans le canton. Ces emplois seraient financés par l’Etat au sein des collectivités publiques cantonales et municipales, des établissements subventionnés et des institutions publiques et privées poursuivant des buts d’intérêt public. Ils serviraient notamment à améliorer la cohésion sociale, à promouvoir la santé et à lutter contre le changement climatique. Ce chiffre de mille peut être réduit ou augmenté en proportion si le taux de chômage est inférieur ou supérieur à 5% l’année suivante. Il se situait par exemple à 5% en 2021 lors du lancement de l’initiative, puis est descendu à 3,9% en 2022.

L’initiative contre les licenciements est, elle, encore au stade du projet. Mais l’idée prend petit à petit forme. En mars 2022, le congrès d’Unia avait décidé du principe de lancer avec l’Union syndicale suisse (USS) une initiative visant à une protection accrue des représentants du personnel, mais aussi des jeunes mamans, des salariés âgés ou encore des travailleurs ayant un statut de séjour précaire. En novembre, le congrès de l’USS a accepté, à son tour, d’élaborer une initiative fédérale. Laborantin en chimie chez Givaudan et président d’Unia Genève, Xavier Henauer était monté à la tribune pour défendre la démarche. Depuis longtemps, la région genevoise d’Unia a fait de cette question une priorité syndicale.

«Il faut toucher tous les travailleurs»

«Nous avons démarré l’atelier par un tour de table et des participants ont témoigné avoir déjà été licenciés. L’un pour des problèmes avec la hiérarchie. Il n’a reçu, après vingt ans d’ancienneté, que 200 francs pour solde de tout compte! Dans la discussion qui a suivi, il est ressorti que nous devrions, plutôt que de parler de protection contre les licenciements, évoquer la protection de l’emploi», relate Xavier Henauer. En quoi pourrait consister l’initiative? «Il s’agirait d’augmenter le délai de protection en cas de maladie et de retour de congé maternité, ainsi que de pouvoir être réintégré dans le cas de licenciement non valable ou, au choix de l’employé, d’obtenir une indemnité conséquente. Il a été mis en avant la nécessité de protéger les travailleurs âgés, mais il faudrait éviter que les salariés ne se fassent virer juste avant d’atteindre cet âge de protection pour être réengagés comme temporaires. Il faudrait mieux définir les contours du congé abusif, comme les degrés des fautes professionnelles. Aujourd’hui, le patronat invoque volontiers une rupture de confiance, mais cela ne veut rien dire, c’est seulement une excuse. Il faut une juste cause à un licenciement, autrement il est sans raison. Il faut en finir avec ce système helvétique qui permet de procéder à des licenciements au titre de motif économique.» Et revoir la procédure sur le licenciement collectif, «qui peut de toute façon être contournée dans les entreprises où le syndicat n’est pas présent en licenciant par petits paquets». Enfin, la question d’une véritable sanction des employeurs fautifs, en plus de l’indemnité pour licenciement abusif, est aussi essentielle. «Actuellement, il n’y a rien du tout, il nous faut pourtant une sanction dissuasive.»

Un groupe de travail sur l’initiative a été créé au sein d’Unia au niveau national et un comité devrait être aussi lancé à l’USS, indique le syndicaliste. Les discussions vont donc se poursuivre. «Il faut que tout le monde se sentent concernés par cette initiative, pas uniquement les militants syndicaux, il faut que nous touchions tous les travailleurs, y compris ceux qui ont une vision plutôt à droite.»

 

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