Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

A la surprise générale, le Conseil des Etats défend le repos dominical

Piéton
©Olivier Vogelsang/photo d'illustration

Le Conseil des Etats a décidé de faire respecter le droit au repos des travailleuses et travailleurs du commerce de détail.

La chambre haute refuse d’étendre de quatre à douze le nombre de dimanches ouvrables dans les commerces de détail. Une défaite pour la droite zurichoise.

Syndicats et bloc parlementaire de gauche avaient déjà préparé la contre-offensive à un scénario quasi escompté. Car personne ou presque, sur ce front, n’attendait du Conseil des Etats qu’il renvoie à l’expéditeur l’initiative du Canton de Zurich – formulée par son Grand Conseil – visant à étendre de quatre à douze le nombre de dimanches ouvrables pour les magasins du commerce de détail. Cette extension, applicable à tout le territoire national, n’aurait plus nécessité d’autorisations spéciales pour les propriétaires d’établissements. Mais à la surprise générale, elle n’a finalement pas passé la rampe de la chambre haute, réputée pourtant pour des prises de position allant souvent à l’encontre des droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs. Son avis, exprimé en ce 9 juin, constitue ainsi une claire défaite pour le camp bourgeois, tant à l’échelle zurichoise, d’où émane le projet, que nationale. 

Défaites en série
Dans son communiqué, Unia se réjouit de cette étape importante et souligne que, durant les deux dernières décennies, les volontés répétées de modifier en ce sens les horaires d’ouverture des commerces se sont soldées, pour la plupart d’entre-elles, par un échec cuisant. Le syndicat souligne également le nombre peu significatif de demandes d’ouverture sur le quota autorisé de quatre dimanches. Il rappelle enfin que ce dispositif, qui atteint le droit au repos, impacte un large périmètre de salariés, comprenant notamment les préposés au nettoyage et à la logistique. Pour ceux-ci et pour tous les autres, les répercussions négatives d’un travail dominical ont été prouvées par des études ayant mis en relief toute sorte de problèmes de santé: épuisement, trouble du sommeil, risques de maladies cardiovasculaires, dépression…

Pour la présidente d’Unia, Vania Alleva, «la résistance des vendeuses et des vendeurs contre l’agenda néolibéral a porté ses fruits. Nous continuerons à nous opposer collectivement aux nouvelles attaques contre la loi sur le travail, car celle-ci a pour but de protéger la santé des travailleuses et des travailleurs. Nous ne tolérerons pas qu’elle soit affaiblie et édulcorée.» La décision du Conseil des Etats doit être avalisée en automne par le Conseil national. Elle lance en tout cas un signal fort aux autres tentatives d’assouplir les lois existantes en la matière. C’est le cas de Genève, où le peuple doit se prononcer le 14 juin sur l’extension des ouvertures à quatre dimanches par année. 

Pour aller plus loin

Les bas salaires n’ont jamais autant augmenté chez Coop

Ces augmentations salariales constituent un jalon important afin de relever pas à pas les revenus du segment des bas salaires dans le secteur de la vente.

Les collaborateurs et les collaboratrices Coop reçoivent la compensation complète du renchérissement et des salaires minimums plus élevés. Une victoire pour les syndicats

«Cette révision est une diablerie incarnée»

Il y a trois ans, Unia se battait contre l’ouverture d’une grande surface le dimanche 24 décembre à Monthey. Aujourd’hui, le syndicat s’insurge contre le projet de révision de la Loi cantonale qui ouvrirait les vannes aux extensions des horaires.

Unia s’oppose fermement à la modification de la loi valaisanne sur l’ouverture des magasins qui, entre autres, autoriserait les commerces à fermer à 20h

Genève: les salaires minimaux seront indexés dans la vente

Le 7 mai, le Tribunal fédéral a rejeté le recours des commerçants. Un salaire d’au moins 4007 francs s’impose

Les salaires restent bloqués dans la vente

Vitrine d'une boutique genevoise.

Les syndicats genevois demandent l’édiction d’un nouveau contrat-type de travail dans le secteur incluant l’indexation des salaires